Sept mois après la mise sur pied d’un comité tripartite, aucun accord n’a pu être trouvé entre les pêcheurs de bancs et les propriétaires de bateaux. La raison est que ces derniers ont boudé les réunions. Le Syndicat des pêcheurs estime que le ministre Shakeel Mohamed, qui préside le comité, doit appliquer des sanctions. Il avait d’ailleurs menacé les propriétaires de geler leurs permis d’opération.
En janvier dernier, deux pêcheurs de bancs avaient entamé une grève de la faim pour protester contre leurs conditions et le fait que les propriétaires de bateaux engageaient des Malgaches à leur place. Ils étaient nombreux à se retrouver au chômage à cause de cette situation. Suite à une lettre adressée au Premier ministre, un comité tripartite, présidé par le ministre du Travail Shakeel Mohamed, avait été mis sur pied. C’était la condition pour que les deux pêcheurs arrêtent leur grève de la faim.
Toutefois, après deux réunions avec les représentants des pêcheurs et les autorités, les propriétaires de bateaux ont boudé le comité tripartite. Ayant attendu vainement une réaction des autorités sur la tournure des événements, le Syndicat des pêcheurs a décidé de hausser le ton. « Le ministre Shakeel Mohamed avait prévenu que leurs permis pourraient être gelés s’ils ne collaboraient pas ; que les sanctions soient appliquées », lâche Judex Rampaul, le président.
Ce dernier rappelle que les directives pour mettre en place ce comité tripartite viennent du bureau du Premier ministre. Il se demande comment les propriétaires de bateau peuvent défier les autorités. « Nous n’avions que deux requêtes : revoir le salaire des pêcheurs et donner priorité aux pêcheurs locaux pour travailler sur les bateaux mauriciens. »
En l’absence d’un accord entre les deux parties, de nombreux pêcheurs sont toujours au chômage, car les compagnies préfèrent recruter des Malgaches. Pour cela, les bateaux mauriciens choisissent de battre pavillon étranger, la plupart du temps, malgache. Car en battant pavillon mauricien, ils doivent donner la priorité de l’emploi aux Mauriciens. Au ministère de la Pêche, qui délivre les permis, on ne voit aucun inconvénient à cette pratique, du moment que les conditions du fishing permit sont respectées.
Pour le Syndicat des pêcheurs, une telle tactique vise tout simplement à recruter de la main d’oeuvre « bon marché ». Il faut savoir que les pêcheurs de bancs touchent Rs 7 pour chaque kilo de poisson, alors que le pêcheur malgache lui, ne touche que la moitié de cette somme. Judex Rampaul dénonce aussi ce qu’il appelle des « contrats illégaux » que les propriétaires de bateau proposent aux pêcheurs mauriciens.
Le comité tripartite avait pour but de venir mettre de l’ordre dans ce secteur, mais les négociations sont au point mort. Le Syndicat des pêcheurs invite les autorités à réagir. Il est soutenu sur ce dossier par la General Workers Federation (GWF) et la Federation of Progressive Union (FPU).