(Photo d'archives)

Le porte-parole du comité de soutien des victimes de la BAI, Salim Muthy, n’a donné aucune consigne de vote pour les prochaines élections générales, même s’il n’a pas mâché ses mots contre le gouvernement sortant.

« Sink an zot martiriz nou. Nou ena sink minit pou fer lazistis le 7 novam. Zot pou pey sa ser », a-t-il déclaré hier au Rabita Hall, à Port-Louis, lors d’une réunion du comité. Et de rappeler : « Ena 75 000 vot dan lame bann viktim BAI. Se pa selman bann seki met kas ki soufer, zot fami antie finn soufer. »

Au début de son allocution, Salim Muthy dit avoir invité les leaders des principaux partis politiques à cette réunion.

« Tous ont dépêché un représentant de leur parti, sauf le MSM qui n’a pas répondu à notre invitation », devait souligner Salim Muthy. Tour à tour, Reza Uteem du MMM, Osman Mahomed du PTr, et Salim Abbas Mamode du PMSD ont promis de mettre sur pied une commission d’enquête pour faire la lumière sur l’affaire BAI si jamais leur parti remporte les élections.

Pour Reza Uteem, l’affaire BAI est « un film d’horreur en deux actes ». Il estime que le gouvernement sortant a fait « un hold-up » en fermant la Bramer Bank. « Zot finn atak la Bramer Bank en premie akoz li ti pli gran “asset” BAI », a-t-il dit, s’interrogeant sur la résiliation de sa licence à une heure tardive.

Profitant de l’occasion, il a révélé que des investisseurs kényans avaient sollicité ses services en tant que légiste, afin d’injecter de l’argent au sein de cette société. « Mais le gouvernement ne nous a pas donné du temps et devait résilier la licence de la Bramer Bank », a-t-il déploré.

Selon Reza Uteem, « c’est une vengeance qui a coûté des milliards de roupies ». La deuxième partie de la saga BAI, dit-il, concerne le remboursement des clients du plan Super Cash Back Gold et de la Bramer Asset Management.

« Kat-ran ed-mi inn pase. Zot ti bizin fini gagn zot ranboursman », affirme-t-il. Il a promis qu’après la conclusion de cette commission d’enquête, « seki fote pou ale dan prizon ».

De son côté, le député sortant Osman Mahomed avance que « Navin Ramgoolam a pris l’engagement pour un remboursement total de l’argent des victimes ». Il estime qu’il y aurait un « délit initié dans cette affaire », en rappelant que l’ex-Premier ministre sir Anerood Jugnauth « avait déclaré qu’il avait retiré son argent avant la fermeture de la Bramer Bank ».

Il a également dénoncé la gestion de l’affaire BAI par le gouvernement sortant et estime que « zot vinn vann di bien BAI pou dipin diber ». Quant à Salim Abbas Mamode, il a soutenu qu’il était consultant pour la BAI et avance qu’à « aucun moment la BAI n’a rencontré un problème pour payer un client ».

Salim Muthy souhaite que le prochain gouvernement rembourse « la totalité du capital investi par les clients ». Il croit savoir que : « La BAI finn kras avek vanzans politik. Bizin regle problem avec politik mem. »

Il a favorablement accueilli la mise sur pied d’une commission d’enquête et avance que « les victimes sont prêtes à aller déposer ». Il a de même dénoncé la vente de certains biens de la BAI « pou dipin diber », citant l’exemple de Courts qui, selon lui, « était estimé à Rs 600M ». Il ajoute : « Zot finn vann sa pou Rs 180M. Trwa mwa apre, li revalue a Rs 680M. » 

Profitant de l’occasion, Salim Muthy s’est montré « inquiet » quant à la situation à la Maubank, estimant que le gouvernement sortant « pe pran kas lepep pe met dan Maubank ». Soulignons qu’au cours de cette réunion, les sœurs Rawat, Adeelah et Laina ont déclaré qu’elles seront « avec les victimes jusqu’à ce que le dernier client soit remboursé ».