« Si nous voulons que notre pays prospère, nous devons joindre nos efforts et travailler ensemble », a déclaré le président de la République sir Anerood Jugnauth lors de son intervention à l’Aapravasi Ghat hier. C’était à l’occasion de la commémoration du 177e anniversaire de l’arrivée des travailleurs engagés à Maurice.
Le président de la République s’est longuement appesanti sur le sacrifice de nos ancêtres en provenance d’Inde et d’ailleurs, qui ont fait de Maurice « le premier producteur et exportateur de sucre à l’époque ». Pour lui, l’hommage rendu ne doit pas se faire qu’à travers de beaux discours, « but we should respect the sacrifices our ancestors have made to bring the country where it is today ».
Sir Anerood Jugnauth a aussi affirmé que « si nous avons pu diversifier notre économie, nous devons nous assurer que ceux qui ont accès à l’éducation tertiaire aient un salaire décent ». « Il ne faut pas qu’on regarde toujours les pays qui n’opèrent pas bien pour se comparer », a-t-il poursuivi. Citant des pays qui progressent comme l’Inde, la Chine, le Congo et le Nigeria, il a déclaré qu’« il faut être positif et orienter son regard vers ceux qui ont de bons résultats ».
Pour SAJ, l’Aapravasi Ghat est « a place of shared history », qui a vu 70 % des immigrants fouler son sol, ce qui fait de lui un endroit unique au monde. De plus, il a souligné l’importance historique de la diaspora indienne dans cette partie du monde avec le plus grand mouvement migratoire de cette époque. Il a parlé d’honneur pour le pays avec l’inscription du site comme patrimoine mondial de l’UNESCO.
Le haut commissaire indien à Maurice, T. P Seetharam, a pour sa part qualifié l’Aapravasi Ghat de « lieu sacré » à travers lequel les ancêtres des Mauriciens, qu’ils soient d’Inde ou d’Afrique, sont arrivés pour créer une nouvelle vie, un nouveau destin. « Nombreux ne savaient pas qu’ils n’allaient jamais retourner dans leur pays d’origine. »
M. Seetharam a aussi mis l’accent sur la relation Inde-Maurice. Il a parlé du Pravasi Bharatya Divas (PBD), événement annuel qui a pour but de ramener sur la terre ancestrale la diaspora indienne. L’année prochaine la manifestation se tiendra à Jaipur, a annoncé le haut commissaire indien à Maurice.
Prenant la parole à son tour, le ministre des Arts et de la Culture Mookhesswur Choonee a observé que si en retournant les pierres dans les champs de canne à sucre, les travailleurs engagés n’ont pu trouver de l’or, ils ont cependant pu convertir leur dur labeur en or. « Combien auraient cru que leurs descendants allaient devenir président, Premier ministre ou ministre d’un pays ? Et qu’un d’entre eux allait s’adresser en bhojpuri aux habitants de Patna en tant que chef du gouvernement. Combien sont-ils à être restés en Inde et qu’on ne connaît pas ? » a dit M. Choonee en rendant hommage à ceux qui ont travaillé pour faire de ce pays ce qu’il est devenu.
Le ministre a prêté sa voix en interprétant merveilleusement une chanson de Jagjit Singh aux côtés de Linzy Bacbotte, sa conseillère. La cérémonie a été marquée par une prière des représentants de nombreuses religions du pays. Les invités présents et les téléspectateurs ont eu l’occasion d’apprécier un spectacle pour célébrer la nation mauricienne. Entre la présentation d’un livre numérique sur des contes mauriciens en cinq langues – l’anglais, le français, le kreol, le bhojpuri et le hakka – quelques numéros de danses et un sketch mettant en valeur le savoir-vivre des Mauriciens avec son identité multiple qui étonne le touriste et un clip vidéo de Suchita Ramdin sur une partie de l’ histoire de Maurice,?? la voix des enfants s’élevant et chantant l’unité – ensam, ensam, ensam – a marqué les esprits dans ce processus de construction de la nation.