Eh oui, les urnes ont parlé. Le verdict est connu. Soit, un camp a gagné et l’autre a perdu ou alors, comme à Curepipe, les électeurs ont renvoyé les partis en lice dos à dos. Mais tiens ! Navin Ramgoolam a aussi parlé et fait preuve de sa nouvelle théorie de l’arithmétique qui pourrait faire de lui le premier récipiendaire d’un prix Nobel hors concours ! Ses analyses, voire conclusions, ont laissé presque tout le monde, sauf les gobe-tout, « perplexe », un terme mis dans le lexique politique par Ramgoolam après sa défaite en 1991. Par quel numéro de contorsionniste, gagner veut dire perdre et vice versa ? Heureusement, que l’examen du CPE avait déjà eu lieu et qu’une telle question n’était pas posée sinon, bonjour les dégâts pour ceux qui suivent les déclarations premier ministérielles. Et puis encore, le comptable professionnel qu’est notre Ministre des Finances, qui participait à la même conférence de presse où Navin Ramgoolam a débité cette énormité a dû prendre bonne note que bientôt il pourra afficher que déficit équivaut à surplus ! Les émules de Ramgoolam n’ont pas tardé. Sur les ondes d’une radio privée mercredi, voilà qu’un élu travailliste trouve que son parti a gagné les élections à Port-Louis alors que la municipalité s’est dévêtue de sa toge rouge-bleue !
Cette joute électorale a pris une valeur plus que symbolique pour le pays. Les leaders politiques s’étaient mis d’accord, chacun à sa façon, que ce scrutin dépassait le cadre purement municipal, et était devenu un référendum qui jaugerait la popularité du régime ramgoolamien ou qui plébisciterait le Remake 2000. C’est ainsi que le chef du Parti travailliste et le chef du PMSD, se sont investis pleinement dans cette campagne, le premier plus que l’autre, faisant même du porte à porte dans certaines régions, dont le choix était dicté sur une base sectaire. Et comme les chauves-souris qui, ces temps-ci, descendent sur nos litchis la nuit tombée, l’on a aussi constaté le déversement dans nos villes, des ministres, PPS et autres chefs d’institutions para-étatiques, nominés politiques en soi, surtout à Belle Rose-Quatre Bornes où un ciblage communautariste était devenu la stratégie par excellence. Les associations religieuses et culturelles des quartiers étaient pris d’assaut. Les bouncers venus d’ailleurs sillonnaient les routes de Belle Rose/Quatre Bornes dans des bolides suivant leur chef politique qui se reconnaîtra, à la plus grande désapprobation des habitants de cette ville. La même chose se pratiquait dans d’autres villes également. La police était impuissante devant cette démonstration d’intimidation menée par des leaders du régime en place. Sinon comment expliquer la présence des soi-disant gros bras venus d’un certain village de l’est à Belle Rose samedi jusqu’aux petites heures du matin, groupés à la croisée des avenues Poivre/Belle Rose au son d’un système de sonorisation fourni par un discothèque connu, dérangeant la quiétude des habitants. Pire, le jour du scrutin ils passaient des bandes sonores à caractère politique faisant fi des consignes presque timides de l’officier de police venu enfin les interpeller après maintes protestations. Aucune saisie de matériel, aucune arrestation pour contravention flagrante. Tout ça en présence du député-ministre de la circonscription et malgré la protestation du Leader de l’opposition qui, faisant sa tournée des centres névralgiques des villes, était arrivé au point nommé.
Mais les citadins de cette ville ont résisté à ces actes d’intimidation et pression psychologique et ont voté en leur âme et conscience, nonobstant la distribution du briani et autres macaroni lors des réunions nocturnes du régime ! Ils ne se sont pas laissés impressionner par cette succession de ministres et PPS déferlant dans leur voisinage le temps de cette campagne, sachant très bien que cette présence n’était que passagère ! Les routes asphaltées et les lumières remplacées presqu’à la veille du scrutin, n’ont pas eu l’effet escompté.
Quatre Bornes en tant que circonscription a voté mauve-orange, car une partie du Ward 4 et le Ward 5 se retrouvent dans une autre circonscription. À Vacoas, pour utiliser la même théorie que le leader rouge, la différence en termes de pourcentage entre les deux blocs ne se résume qu’à 0,3% ! Donc, qui a gagné ?
Le compte à rebours pour le régime Ptr/PMSD/Transfuges a commencé ! C’est le commencement de la fin, qu’on bâillonne le peuple ou pas. C’est le Vox Populi qui primera !