La zone de libre-échange tripartite – regroupant les pays membres du COMESA, de la SADC et de l’EAC – sera officiellement lancée à la mi-décembre prochain en Égypte. Ce lancement s’effectuera dans le cadre de la tenue du Sommet des chefs d’Etat et de gouvernement de ces trois blocs régionaux.
Lors de leur rencontre tenue à Bujumbura, au Burundi, les 24 et 25 octobre derniers, le comité tripartite des ministres du Commerce a trouvé que beaucoup de progrès ont été réalisés en vue du lancement de la Tripartite Free Trade Area (TFTA) à la mi-décembre. Les ministres ont tenu compte, entre autres, du fait que la majorité des pays concernés ont déjà fait des offres d’élimination ou d’abaissement tarifaires et ont déjà donné leur accord sur l’application intérimaire des règles d’origine en attendant la poursuite des travaux pour des règles d’origine concernant des produits spécifiques. Maurice était représentée à la réunion de Bujumbura par Assad Bhuglah, directeur de l’International Trade Division du ministère des Affaires étrangères et du Commerce international. Il avait été mandaté par le ministre de tutelle, Arvin Boolell, pour le remplacer à cette rencontre.
La zone de libre-échange tripartite regroupera 26 pays venant du Marché commun d’Afrique australe et orientale (COMESA), de la Communauté de développement d’Afrique australe (SADC) et de la Communauté d’Afrique de l’Est (EAC), ce qui représente un total de 625 millions de consommateurs. Ces trois blocs représentent un Produit intérieur brut de l’ordre de USD 1 200 milliards et les pays concernés constituent la moitié du nombre total de membres de l’Union africaine et 58% du PIB de l’ensemble du continent africain. La nouvelle zone de libre-échange tripartite sera le plus grand bloc économique du continent et servira de plateforme de lancement à la Continental Free Trade Area (CFTA) en 2017.
Le secrétaire général du COMESA, Sindiso Ngwenya, également président du comité de travail COMESA-EAC-SADC, affirme que la zone de libre-échange tripartite offrira d’énormes opportunités d’affaires et d’investissements et agira comme un « aimant » pour attirer l’investissement direct étranger dans la région. La communauté des affaires en particulier pourra prendre avantage d’un régime commercial harmonisé, qui contribuera à la réduction du coût des affaires. Ce développement est attendu avec l’élimination des “overlapping trade regimes” découlant d’une appartenance multiple à différents blocs régionaux.   
Dans les milieux concernés, on indique que le lancement de la zone de libre-échange représente la première phase de la mise à exécution de la stratégie d’intégration économique régionale. Cette stratégie accorde priorité au développement des infrastructures, à l’industrialisation et au mouvement libre des hommes d’affaires. Les ministres du Commerce des pays concernés sont d’avis qu’il y a un besoin pressant de formuler et d’exécuter un programme industriel régional.
La ministre adjointe du Commerce et de l’Industrie du Zimbabwe, Chiratidzo Iris Mabuwa, qui a présidé la réunion de Bujumbura, a affirmé que l’accord portant sur le lancement de la zone de libre-échange tripartite est « un grand pas vers l’intégration économique » au niveau continental. « Africa has now joined the league of emerging economies and the grand FTA will play a pivotal and catalytic role in the transformation of the continent », a-t-elle déclaré à la clôture de la réunion. Selon elle, il convient maintenant d’accélérer les négociations dans les autres secteurs liés au commerce des marchandises, incluant le commerce des services, la propriété intellectuelle et la politique de la concurrence, et ce afin d’assurer une certaine équité entre les citoyens d’une région élargie.