Le directeur de politique commerciale au ministère des Affaires étrangères et du Commerce international, Assad Bhuglah, a participé en fin de semaine, à Addis-Abeba, à une réunion régionale de deux jours consacrée à la promotion du développement du secteur des services et de la croissance tirée par le commerce des services.
Organisée par la Conférence des Nations unies pour le commerce et le développement (CNUCED), en collaboration avec la Commission de l’Union africaine et la Commission économique des Nations unies pour l’Afrique, cette rencontre a réuni des experts en matière de commerce d’une trentaine de pays avec pour objectif d’élaborer un programme pour accroître le commerce des services tout en amenant les décideurs africains à s’approprier une politique de promotion des échanges dans le domaine des services. Ouverte officiellement par le ministre d’État éthiopien du Commerce, Yacob Yala, cette réunion a permis à Assad Bhuglah de présider une des sessions de travail et d’être un des principaux intervenants à une autre session axée sur les défis que doivent relever les pays africains dans la formulation et l’implémentation de leurs politiques commerciales en matière de services.
Le commerce des services est très peu développé en Afrique, ont noté les participants mais d’aucuns considèrent que c’est un secteur des plus importants quant il s’agit d’intégration économique au plan continental. Les participants ont constaté que nombre de pays hésitent à s’engager dans la voie du développement du secteur des services du fait de leur incapacité à bien évaluer la complexité du secteur mais aussi en raison des problèmes de transport. Beaucoup de pays africains préfèrent poursuivre une politique de développement reposant sur l’exportation de matières premières. Lors de son intervention, Assad Bhuglah a mis l’accent sur la nécessité pour les pays africains de sortir des sentiers battus et de ne pas se contenter de développer les services touristiques ou financiers mais de s’engager dans des services liés à l’infrastructure et le domaine du savoir.
Le directeur de la Trade Policy Unit au ministère des Affaires étrangères et du Commerce international a voulu rassurer les pays africains qui hésitent encore à adopter une stratégie de développement des échanges de services en leur faisant remarquer qu’une telle stratégie n’implique pas nécessairement la libéralisation immédiate du secteur des services mais que cette libéralisation peut être graduelle et en ligne avec les besoins de développement de chaque pays. Assad Bhuglah a soutenu que toute libéralisation doit être accompagnée d’un cadre institutionnel et régulatoire approprié.
Selon la CNUCED, la part de l’Afrique dans les exportations globales des services n’est que de 2,6 %. Maurice, a-t-on indiqué, est l’un des rares pays africains à être le moins restrictif en matière de commerce des services. C’est ce qui a été relevé dans le Services Trade Restriction (STR) Index. Pour le représentant de la CNUCED, Guillermo Valles, la coordination et le consensus-building jouent un rôle de premier ordre dans l’élaboration d’un programme visant au développement du commerce des services. La CNUCED est d’avis que toute stratégie africaine à cet effet ne doit pas seulement viser l’accroissement des échanges mais également la qualité des services proposés.