Dans le commerce équitable, les producteurs ne se concentrent pas uniquement sur la production mais ils prennent aussi en considération les aspects sociaux, économiques et environnementaux dans la communauté. Le but étant d’améliorer leurs revenus et d’aider à améliorer la vie dans le région. La Mauritius Fairtrade Cooperative Federation Ltd s’occupe de cet agenda à Maurice où 30 sociétés coopératives avec environ 5 500 membres sont certifiées au label “Fairtrade” par l’organisation internationale FLO-CERT.
C’est en 2009 que le concept de commerce équitable a fait son entrée à Maurice. Au début, cinq sociétés coopératives seulement étaient certifiées. « Dans le commerce équitable, il faut prendre en considération les questions sociales, économiques mais aussi celles concernant l’environnement », déclare Chabeelall Dabydoyal, secrétaire de la MFCF. Sous le label “Fairtrade”, les producteurs de sucre obtiennent une prime de 60 dollars additionnels par tonne de sucre vendue.
Sur le plan social, ces sociétés coopératives s’engagent dans des projets pour le bien-être des habitants dans leur région. « Par exemple, elles offrent leurs sièges sociaux dans la journée aux femmes pour être utilisés pour des activités en faveur de la santé, de l’emploi ou encore de l’entrepreneuriat. Elles le font déjà à Montagne Blanche, Médine et Plaine des Roches », indique M. Dabydoyal. Des membres de la force policière également utilisent ces sièges pour les community services. Du côté de la production, ces sociétés offrent leurs services à tous les producteurs indistinctement, même à ceux à qui ne sont pas membres de leur sociétés. Ces services concernent les équipements de chargement de la canne, les tracteurs et la fourniture des intrants agricoles – fertilisants et autres herbicides – à meilleur prix.
S’agissant de l’environnement, les producteurs sont formés dans l’application des herbicides. Ils sont sensibilisés à ne pas utiliser ces produits près des écoles ou des maisons pendant les heures de classe. « Notre plus grand souci c’est les conteneurs vides de ces produits chimiques. Que devons-nous faire avec ? Comment les éliminer convenablement ? Actuellement, nous demandons aux planteurs de les laver trois fois avec de l’eau et de les mettre dans un sac en plastique. Par la suite, ces sacs sont collectés par le service de voirie de la localité », indique M. Dabydoyal. Les sociétés cooperatives offrent des équipements de protection aux planteurs pour être utilisés lors de l’épandage des produits chimiques dans les champs. « Nous les encourageons également à ne pas utiliser les produits interdits tels le gramoxone, par exemple », ajoute notre interlocuteur. Tout ce travail est effectué, dit le secrétaire de la MFCF, pour aider les planteurs qui ont des difficultés à continuer leurs opérations en raison de la baisse du prix du sucre. Un grand nombre de petits planteurs ont abandonné leurs plantations. De ce fait, le nombre est passé de 35 000, il y a une décennie, à 15 000 actuellement.
À l’Espérance Piton, une des sociétés coopératives certifiées a créé une pépinière où des plantules de légumes sont cultivées et vendues à meilleur prix aux planteurs qui souhaitent cultiver des légumes en entre-lignes en vue d’augmenter leurs revenus. « Nous travaillons sur un projet de kindergarden pour les enfants de la région. La construction de ce bâtiment sera financée avec l’argent de la prime obtenue de nos acheteurs européens », déclare Suryadev Punchoo, président de la MFCF. Par ailleurs, les membres de cette société coopérative aident une école de handicapés à Piton et mènent des campagnes de nettoyage régulièrement dans leur région. Un certificat de Fairtrade dure trois ans et coûte environ Rs 100 000, payé de la prime additionnelle de 60 dollars la tonne de sucre vendue aux acheteurs européens.