Les exportations mauriciennes vers les États-Unis sous l’Africa Growth and Opportunity Act (AGOA) ont augmenté de 31,3 % l’année dernière pour atteindre 169,2 millions de dollars, soit une croissance plus élevée que celle enregistrée en 2010 (+25 %). C’est ce qu’indique un relevé du US Department of Commerce publié sur le site web de l’AGOA.
Selon le US Department of Commerce (USDC), les États-Unis ont importé en 2011, des produits mauriciens pour une valeur totale de US$ 250,5 millions, dont US$ 169,2 millions sous les dispositions de l’Africa Growth and Opportunity Act (AGOA) incluant celles prévues sous le Système de Préférences Généralisées (GSP). L’AGOA offre un accès hors taxes à tout un ensemble de produits (textiles, habillement, chaussures, équipement, produits électroniques, énergétiques, chimiques et autres) fabriqués dans une quarantaine de pays d’Afrique subsaharienne. L’AGOA arrive à expiration en 2015 mais les pays bénéficiaires font pression pour son renouvellement.
Selon les données du USDC, les importations totales américaines de Maurice ont crû substantiellement l’année dernière, soit d’environ US$ 54 millions (+28 %). Cette progression est plus élevée que celle notée en 2010 (+16 %). Les importations sous l’AGOA ont représenté 67,5 % du total. Les produits textiles et d’habillement ont constitué le gros des exportations mauriciennes vers le marché américain. On constate sur la valeur totale de US$ 160 millions de produits textiles et d’habillement exportés en 2011, qu’environ US$ 153,5 millions ont été réalisés sous l’AGOA. Les données officielles montrent également que l’augmentation (+31 %) des exportations textiles a contribué dans une large mesure à la croissance générale des exportations mauriciennes l’année dernière.
Derrière le textile et l’habillement, on retrouve les produits agricoles pour lesquels les recettes des exportations ont été de US$ 42,8 millions contre US$ 26,5 millions en 2010. Les exportations de ces produits sous l’AGOA ont atteint US$ 11,2 millions contre US$ 6,8 millions en 2010. Maurice a également exporté pour US$ 8,2 millions (+7,9 %) de produits électroniques en 2011 dont US$ 2,7 millions selon les dispositions de l’AGOA.
Le USDC rapporte que les exportations mauriciennes de minéraux et métaux se sont élevées à US$ 33,4 millions en 2011 mais que ces exportations n’ont pas été effectuées sous l’AGOA.
Pour ce qui est de la balance commerciale entre Maurice et les États-Unis, les statistiques officielles indiquent qu’elle est nettement en faveur de Maurice : des exportations de US$ 250,5 millions contre des importations de US$ 41,3 millions. Par rapport à 2010, on remarque que le solde s’est encore amélioré pour Maurice. Les exportations américaines vers Maurice comprennent, entre autres, des produits chimiques (US$ 8,3 millions), électroniques (US$ 7,2 millions), de l’équipement de transport (US$ 5,4 millions) et des machines (US$ 5,2 millions).
Dans les milieux du gouvernement aussi bien que des exportateurs mauriciens, on attend avec impatience la confirmation du renouvellement du Third Country Fabric sous l’AGOA, disposition qui va expirer en septembre 2012. Le Third Country Fabric permet à un fabricant de produits d’habillement d’importer ses matières premières d’un pays tiers et de bénéficier d’un accès hors taxes aux États-Unis sur ses produits finis exportés.
Intervenant à l’assemblée générale annuelle de la Mauritius Chamber of Commerce and Industry (MCCI), le ministre des Affaires étrangères et du Commerce international Arvin Boolell avait indiqué que Maurice bénéficie du soutien total de l’administration américaine, du US Trade Representative et des législateurs pour l’extension du Third Country Fabric. « Our lobbyist in Washington is working with US legislators to index our request to an appropriate trade legislative vehicle, perhaps the CAFTA Bill in the pipeline, for an early adoption of same », avait annoncé le ministre Boolell. En fait, le texte de loi portant sur le renouvellement du Third Country Fabric a été introduit au Congrès américain mais les législateurs essayent de trouver un moyen approprié, soit un ensemble de textes de loi, pour pouvoir obtenir son adoption par les membres du Congrès.
Le ministre des Affaires étrangères et du Commerce international a par ailleurs annoncé que Maurice et les États-Unis souhaitent conclure un accord de facilitation des échanges commerciaux, de manière à mettre en place un « broader competitiveness agenda » qui aiderait à réduire le coût des affaires et à faciliter les opérations commerciales. Les deux parties étudieraient les possibilités d’élimination des barrières non tarifaires, l’introduction d’un système d’information qui améliorerait la transparence dans les transactions commerciales et la création d’une Mauritius Food Safety Agency qui sera la seule autorité à exercer un contrôle sur tout ce qui a trait à la sécurité alimentaire.