Les dossiers de coopération commerciale sur les plans régional et bilatéral domineront à nouveau l’agenda des négociations pour l’année en cours. C’est ce qu’indiquent les proches de ces dossiers, tant dans le secteur public que dans les milieux du secteur privé.
 Il est estimé que l’intensification des discussions au niveau des trois blocs régionaux que sont le COMESA, l’EAC et la SADC, pour la conclusion d’un accord de libreéchange tripartite d’ici juin, retiendra l’attention des négociateurs. L’un des points clés de ces négociations concerne les règles d’origine. Maurice a récemment accueilli une réunion du comité technique sur les règles d’origine et il reste encore, selon les spécialistes de ce dossier, encore plusieurs questions à régler. Les techniciens de la vingtaine de pays concernés doivent se rencontrer à nouveau en février pour arrêter les critères qui seront utilisés en matière de règles d’origine. Auparavant, les participants au Tripartite Trade Negociating Forum (TTNF) se réuniront pour peaufiner les textes de l’accord de libre-échange tripartite relatifs à la réduction des droits de douane, à la coopération douanière, à l’élimination des barrières non-tarifaires, ainsi qu’aux mesures sanitaires et phytosanitaires.
Raju Jaddoo, secrétaire général de la Mauritius Chamber of Commerce and Industry (MCCI), souligne, dans son message de fin d’année aux membres de la Chambre, que celle-ci prend activement part aux négociations tripartites concernant l’accord de libreéchange entre les trois instances régionales. Il rappelle qu’en octobre 2013, la MCCI avait participé à la réunion tripartite visant à négocier sur le texte de la zone de libre-échange à Entebbe, en Ouganda. Interrogé, Assad Bhuglah, directeur de la division de politique commerciale au ministère des Affaires étrangères et du Commerce international, indique que les pays concernés par l’accord en question souhaitent compléter les négociations à la mi-2014 afin que le Sommet des chefs d’État, prévu au Caire dans le courant du second semestre, puisse donner son aval à la mise en place effective de cette zone de libre-échange.
Au niveau sous-régional, les négociateurs mauriciens indiquent que la promotion du commerce des services au sein du COMESA et de la SADC sera au centre des débats. Les pays membres de ces deux blocs se penchent sur une série d’engagements qu’ils doivent respecter dans le cadre de l’ouverture de leurs marchés respectifs, plus précisément en matière des services touchant les secteurs des communications, du tourisme, du transport et des services financiers.
Les tractations en vue du renouvellement de l’African Growth and Opportunity Act (AGOA) seront une préoccupation majeure pour les négociateurs et lobbyistes de Maurice et des autres pays éligibles d’Afrique sub-saharienne. L’AGOA arrivera à expiration en septembre 2015 et on s’attend à ce que la pression des pays africains, en vue du renouvellement de cet accord pour une période d’au moins dix ans, s’intensifie au fil des mois. Assad Bhuglah pense que le sommet 2014 de l’AGOA constituera une excellente occasion pour les protagonistes d’étudier les différentes options de nouvellement de l’accord. Les débats sur la question sont déjà ouverts au États-Unis, où des initiatives conjointes, par des représentants du Parti Républicain ainsi que du Parti Démocrate, ont été notées ces derniers mois en vue de rechercher un accord plus favorable pour les États-Unis autant que pour leurs partenaires africains. Sur le plan bilatéral, on s’attend à des réunions de travail entre les officiels américains et mauriciens dans le cadre du TIFA (Trade and Investment Framework Agreement).
« Full EPA »
Les relations commerciales entre l’Union européenne et les pays ACP, plus précisément les discussions menant à la signature d’un texte complet concernant l’Economic and Partnership Agreement d’ici octobre prochain, constitueront un autre dossier important de l’agenda commercial pour cette année. La conclusion d’un « Full EPA » est importante, sans quoi les échanges commerciaux entre l’UE et les pays ACP non signataire d’un EPA seront régis par le General Preferences Scheme (GSP), qui est jugé moins favorable que les préférences commerciales inscrites dans un EPA. Maurice a déjà signé un EPA intérimaire avec l’UE, mais d’autres pays africains ne l’on pas encore fait et sont en outre réticents à signer un « Full EPA », à moins d’obtenir de nouveaux avantages.
 S’agissant des relations bilatérales, il est prévu que le deuxième round des négociations entre Maurice et la Tunisie, en vue de la conclusion d’un accord d’échanges préférentiels, ait lieu à Tunis à la fin de ce mois. Quant au Joint Working Group on Trade and Economic Cooperation entre Maurice et le Pakistan, on laisse entendre que de nouvelles initiatives sont prévues dans le courant de l’année en vue d’approfondir la coopération commerciale entre les deux pays.
Par ailleurs, il est prévu que la politique commerciale de Maurice fasse l’objet d’un nouvel examen par l’Organisation mondiale du commerce (OMC) dans le cadre d’une « Trade Policy Review » programmée en octobre 2014. Des experts de l’OMC prépareront au préalable un rapport sur Maurice et des représentants du gouvernement, dont le ministre responsable du dossier du commerce international, seront ensuite interrogés par un panel d’experts de l’OMC.
Les milieux mauriciens pensent que la dernière conférence ministérielle de l’OMC à Bali, en décembre 2013, a apporté un peu d’oxygène aux négociations commerciales, appelées « Doha Round ». La MCCI était présente à cette conférence dont le but, souligne Raju Jaddoo, était de « prendre un ensemble de décisions pour la simplification et la stimulation du commerce pour les pays en développement ainsi que les pays moins avancés ». Cette conférence, ajoute-t-il, a débouché sur « un accord historique » après presque 20 ans de négociations et qui, selon lui, servirait de « véritable catalyseur pour le commerce international ».