L’Association des Consommateurs de l’île Maurice (ACIM) accuse une poignée d’importateurs d’agir de connivence avec l’Agricultural Marketing Board (AMB) pour faire grimper artificiellement et de manière exagérée le prix au détail de l’ail sur le marché local. Cette association rappelle que rien que sur ce condiment, l’AMB réalise, annuellement, des profits nets de quelque Rs 110 millions.
Alors que la production locale de l’ail, annuellement, à Maurice n’est que de 25 tonnes, la demande pour ce produit sur le marché local est de l’ordre de 32 tonnes la semaine. Ainsi, une importation conséquente est nécessaire en vue de combler l’énorme déficit de production. L’AMB, rappelle l’ACIM, a notamment pour rôle de s’assurer que des produits agricoles de base soient mis à la disposition des consommateurs à un prix abordable.
Or, indique cette association, l’Office des Marchés, qui importe de l’ail de Chine à un prix variant entre Rs 40 et Rs 45 le kilo, le revend à des détaillants au prix de Rs 110 le kilo. Au final, le produit est vendu aux consommateurs par les détaillants à Rs 160 le kilo. Ce qui fait que le prix au détail du condiment est de 300% supérieur à son prix d’achat de départ.
L’ACIM s’insurge contre cette disparité entre le prix d’achat et celui de vente au détail. D’autant que, selon l’association, le prix de l’ail sur le marché mondial qui serait d’environ Rs 27 le kilo est déjà en-dessous du prix d’achat que paie l’AMB pour ce produit. Alors que l’importation de l’ail est officiellement libéralisé, l’ACIM accuse la poignée de gros importateurs du privé engagés dans ce commerce de profiter de la situation en alignant leur prix de vente sur celui de l’AMB. Et cela, au détriment du public consommateur.
C’est ainsi que l’association réclame une véritable libéralisation de l’importation de ce condiment dans l’intérêt des consommateurs. L’ACIM demande que l’AMB se retire de ce commerce et qu’il laisse aux seuls importateurs du privé le soin d’importer et de vendre l’ail sur le marché local dans un esprit de saine concurrence.
Par ailleurs, les prix de vente de l’oignon inquiète aussi l’ACIM. Celle-ci indique que le prix de l’oignon rouge importé qui est généralement de Rs 15.00 le demi-kilo est passé à Rs 20.00 alors que l’oignon produit localement est vendu, ces jours-ci, à Rs 30.00 le demi-kilo. L’ACIM rappelle que ces hausses de prix de l’oignon coïncide avec la présente période de fêtes religieuses marquées par de longues périodes de jeûne durant lesquelles de nombreux consommateurs ne consomment que des mets végétariens.
L’association se prononce aussi contre toute augmentation des prix du riz basmati comme suggérés, ces derniers temps, par des importateurs. Selon l’ACIM, en effet, aucune raison ne justifie une hausse des prix du riz basmati. L’association, qui déclare s’être enquéri de la situation sur le marché mondial, explique que, s’il devait y avoir hausse, cela ne saurait intervenir avant plusieurs semaines. Et, là encore, indique l’ACIM, dans une proportion infime d’environ Re 1.00 le kilo et non de Rs 9.00 à Rs 10.00 le kilo comme avancés par des importateurs locaux.