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Le gouvernement a le devoir de trouver une solution, dit-il

Une Retailers Association en voie de création

Le paiement du loyer dans les malls en période de confinement continue de susciter moult réactions de part et d’autre. Une réunion de plusieurs commerçants louant des emplacements dans les shopping malls du pays s’est d’ailleurs tenue via Zoom, mercredi après-midi, et chacun a pu mettre sur la table ses craintes et attentes.

Charles Li, Executive Chairman d’Albert Group, qui loue quelque 1 200m2 d’espaces dans divers malls du pays, notamment Bagatelle, Cascavelle et Grand Baie La Croisette, à travers ses enseignes telles que Urban Home, Face Shop ou encore Agatha, tient à mettre les choses en perspective : « C’est vrai que nous avons reçu notre facture d’avril un mois à l’avance, soit au début de mars, mais cela est dans notre contrat. Nous sommes en plein confinement et nous ne pouvons même pas opérer et ce, pour des raisons sanitaires que nous comprenons parfaitement. Mais je tiens à préciser que nous ne sommes pas en guerre contre les propriétaires de shopping malls ! ». Il a fait cette déclaration hier après-midi, après avoir participé à une ‘Zoom meeting’ réunissant plusieurs dizaines de commerçants qui louent des emplacements dans les malls.

L’objectif de cette réunion était de réfléchir à la mise sur pied d’une Retailers Association. « C’est important d’avoir une association qui défende nos intérêts. Car il y a plus de 300 commerçants qui travaillent dans les malls du pays et qui représentent quelque 60 000 emplois. Nous sommes donc un gros employeur », souligne Charles Li. Cette Retailers Association devrait ainsi voir le jour après le confinement.

L’Executive Chairman d’Albert Group, qui est dans le business du ‘Retail’ depuis de nombreuses années et qui a d’ailleurs été l’un des membres fondateurs de la Chinese Business Chamber (CBC), explique que tous ces commerçants souhaitent se réunir en association « pour faire entendre leurs voix » car « la pandémie a ouvert leurs yeux sur leur propre vulnérabilité. » Il plaide donc pour une aide de l’Etat pour permettre aux commerçants de survivre pendant cette période difficile.

« La France aide ses petits commerçants pendant cette période de confinement, tout comme d’autres pays tels Singapour, le Royaume-Uni et les Etats-Unis. Le gouvernement doit donc nous aider, nous n’avons pas de ‘cash flow’, ni de réserves. D’un autre côté, nous comprenons les propriétaires de malls qui ont investi gros dans ces infrastructures et qui ont besoin d’un retour sur investissement et nous ne demandons pas aux malls de subir ce poids financier seuls, c’est pour cela que nous sollicitons l’aide du gouvernement ; lui aussi est en difficulté — nous sommes tous dans le même bateau d’ailleurs – mais il a le devoir de trouver des solutions. Nous devons être solidaires, avec les propriétaires de malls, les commerçants et le gouvernement afin de sortir de cette crise », soutient Charles Li. Dans la conjoncture, il faut privilégier le dialogue entre toutes les parties prenantes, cela d’autant que « même les propriétaires de malls craignent eux aussi de voir leurs locataires mettre la clé sous la porte. »

Pour cet homme d’affaires, l’économie et les affaires vont reprendre très lentement après le déconfinement, mais il s’y prépare déjà : « A la reprise il faudra tester tout le monde. Nos employés vont porter des équipements de protection et nous allons ‘sanitize’ trois fois par jour tout ce que le public va toucher ; mais nous n’en sommes pas encore là. Pour l’heure, il faut savoir quelles sont les entreprises qui pourront survivre pendant les prochaines semaines et lesquelles seront encore opérationnelles dans trois mois…Et ça, c’est une autre paire de manches. »