Le Premier ministre, Pravind Jugnauth, qui procédait hier soir au lancement de la stratégie nationale d’exportation, a présenté le vieillissement de la population comme un des problèmes qui affectera l’économie mauricienne et en particulier le marché de l’emploi. Il a aussi observé que le ralentissement du commerce qui caractérise actuellement l’économie mondiale est néfaste pour les petites économies comme Maurice. De son côté, la directrice du centre de commerce international Arancha Gonzalez a observé qu’avec le Brexit commence une période incertitude et d’absence de prédictibilité dans les relations commerciales entre la Grande Bretagne et l’Europe d’une part et le reste du monde d’autre part.
Le rapport qui a été lancé hier a fait l’objet d’une préparation minutieuse entreprise par le ministre du Commerce et de l’industrie sous la direction du président d’Enterprise Mauritius, Yousuf Salehmohamed, avec l’aide du Centre du commerce international. Le document fait un diagnostic de l’économie mauricienne, de sa performance au niveau des échanges commerciaux et du développement commercial. Ce document stratégique couvre sept secteurs, à savoir l’agro-industrie, le tourisme culturel, les services financiers, la pêche et l’aquaculture, la bijouterie, les services médicaux et le développement des logiciels. Il se penche également sur l’image de marque du pays, sur l’innovation, sur l’alignement institutionnel, le développement des talents, l’internationalisation des PME. Une partie du rapport est entièrement consacrée à Rodrigues.
Dans son intervention hier soir à l’hôtel Le Méridien, le Premier ministre a observé que la situation économique et commerciale aujourd’hui n’est pas comparable à la situation d’il y a 20 ans lorsque le pays bénéficiait des préférences commerciales pour les deux principaux piliers économiques, le sucre et le textile. Le pays est entré de plain-pied dans l’ère de la globalisation et ne dispose plus des avantages préférentiels. Le secteur sucrier et celui du textile ont réduit sensiblement leur nombre d’employés. De plus, Maurice n’est plus aujourd’hui un pays disposant de main-d’oeuvre à bon marché, la productivité a baissé et l’inadéquation entre les compétences disponibles et le marché de l’emploi affecte les investissements tant au niveau du secteur privé que du secteur public.
De plus, poursuit Pravind Jugnauth, le vieillissement de la population constitue un problème réel pour le marché de l’emploi. Il a observé qu’à partir de 2020, la population commencera à prendre une tendance baissière et qu’en 2050 elle sera réduite à près d’un million de personnes avec une moyenne d’âge de 50 ans avec toutes les conséquences que cela comprend.
Le Premier ministre s’est dit confiant que la stratégie nationale d’exportation permettra à Maurice de réorienter sa politique en matière d’exportation. Il a annoncé que des mesures seront prises afin d’enlever tous les obstacles à l’investissement par le secteur privé et afin de relancer les petites et moyennes entreprises. De plus, toutes les dispositions seront prises afin de faire de la stratégie nationale d’exportation un succès et pour encourager le dialogue entre les différents secteurs de l’économie.
Le ministre du Commerce et de l’Industrie, Ashit Gungah, a lui aussi insisté sur l’importance des PME dans l’économie et a annoncé que la réduction du fret aérien pour les exportations des produits en Grande Bretagne entre en vigueur aujourd’hui. Pour sa part, Arancha Gonzalez a expliqué qu’avec le Brexit les relations commerciales entre la Grande Bretagne et l’Union européenne et avec le reste du monde entreront dans une période d’incertitude. Elle s’est prononcée en faveur d’une conclusion rapide des négociations entre la Grande Bretagne et l’Union européenne. Concernant la stratégie nationale d’exportation, elle a estimé que ce document est complémentaire de la vision 2030 énoncée par l’ancien Premier ministre sir Anerood Jugnauth.