Le secteur privé pakistanais est convaincu que Maurice est une plateforme appropriée à partir de laquelle les hommes d’affaires pourront intensifier leurs échanges et leurs investissements en direction de l’Afrique. C’est ce qu’a souligné, hier, lors d’un point de presse, Khurshid Barlas, délégué de la Rawalpindi Chamber of Commerce and Industry, au terme de sa visite cette semaine à Maurice. Également présents, le haut commissaire du Pakistan à Maurice, le général Ulfat, et son homologue mauricien basé à Karachi, Rashad Daureeawoo, ont indiqué que beaucoup d’efforts sont déployés pour booster les relations d’affaires entre les deux pays.
Délégué de la plus vieille institution du secteur privé pakistanais qui compte aujourd’hui plus de 5 000 entreprises membres, Khurshid Barlas a déclaré que les autorités pakistanaises ont exhorté ces derniers mois la communauté des affaires du pays à se tourner vers le continent africain dans le cadre d’une stratégie de diversification des marchés et des investissements. La Chambre de Commerce et d’Industrie de Rawalpindi a fait des recherches et des analyses sur le potentiel offert par divers pays africains et à trouvé, selon Khurshid Barlas, que Maurice est « the right place » pour les hommes d’affaires qui veulent accroître leurs échanges avec les pays africains. « Nous pensons qu’à partir de Maurice nous pourrons plus facilement pénétrer les marchés de la région », a-t-il déclaré, cela en considérant les multiples opportunités (accords tarifaires et de non double imposition, entre autres) offertes par la plateforme mauricienne.
Khurshid Barlas a, durant son séjour, rencontré plusieurs membres du gouvernement mauricien, dont le DPM Rashid Beebeejaun, le ministre des Affaires étrangères Arvin Boolell, celui du Commerce et de l’Industrie Cader Sayed-Hossen, et celui de la Jeunesse et des Sports, Devanand Ritoo. Il a également eu une session de travail avec les dirigeants de la Mauritius Chamber of Commerce and Industry (MCCI) avec laquelle la CCI de Rawalpindi veut signer un protocole de coopération. Une ébauche de ce protocole est actuellement à l’étude par les deux parties et on s’attend à ce que les présidents des deux instances du secteur privé y apposent leur signature en juin 2014, au moment où se tiendra à Maurice une grande foire commerciale pakistanaise.
La CCI de Rawalpindi compte emmener à Maurice une délégation de quelque 150 personnes dont des exposants (de secteurs d’activités divers : construction, textile, fabrication de meubles, de produits en cuir, d’ustensiles de cuisine, entre autres) et des investisseurs potentiels et sérieusement intéressés à implanter des unités de production à Maurice en vue de l’exportation vers le continent africain. Une troupe culturelle fera également le déplacement à cette occasion.
Le haut commissaire du Pakistan à Maurice, le général Ulfat, a soutenu que les efforts pour améliorer les échanges commerciaux entre les deux pays ont été multipliés. « Nous savons qu’il n’y a pas de vol aérien direct entre Maurice et le Pakistan mais il n’y a véritablement pas de problème de connectivité, considérant les liaisons assurées par Emirates », a-t-il fait ressortir. Cependant, c’est la question du coût du fret qui préoccupe les autorités pakistanaises aussi bien que la partie mauricienne. Des démarches pour faire baisser les tarifs applicables chez Emirates sont en cours, a laissé entendre le diplomate pakistanais. Ce dernier s’est, par ailleurs, félicité du déplacement d’une forte délégation d’hommes d’affaires mauriciens (27 membres au total) pour participer à la dernière Expo Pakistan et a déclaré que l’objectif est d’attirer un plus grand nombre à l’avenir.
Notons que la visite de Khurshid Barlas a fait suite à celle du nouveau consul honoraire de Maurice à Karachi, Sohail Yasin Suleman, et du directeur du magazine Diplomatic Focus, Mian Fazal Elahi. Ce magazine consacrera un grand reportage à l’île Maurice dans son édition de mars prochain pour marquer la fête nationale du pays. Ce reportage sera axé, entre autres, sur les opportunités d’affaires localement et dans la région, le développement touristique et les secteurs d’investissement potentiels.