Les commerçants bouderont-ils les prochaines municipales ? Le Front Commun des Commerçants de l’île Maurice (FCCM) se concerte actuellement en vue des prochaines élections dans les villes, plus particulièrement concernant deux villes, Port-Louis et Rose-Hill, affectées par le fléau des marchands ambulants. L’association est en effet très critique face aux remèdes des autorités pour rétablir le “law & order” dans ces deux régions, surtout concernant le commerce illégal.
Les commerçants se préparent à donner le mot d’ordre en vue des prochaines municipales, qui se joueront le 14 juin. L’association des commerçants compte en effet faire un bilan des cinq premiers mois du gouvernement de l’Alliance Lepep et des propositions pour « nettoyer » les villes du fléau des marchands ambulants, particulièrement dans la capitale et à Rose-Hill. Raj Appadu rappelle ainsi que le gouvernement Lepep avait promis, lors de sa campagne électorale pour les législatives de 2014, de faire appliquer les deux jugements de la Cour suprême qui interdisent formellement toutes activités de commerce illégal dans des périmètres très précis, notamment à Rose-Hill et à Port-Louis. « Les citadins et les commerçants contribuent dans les caisses municipales alors que les marchands illégaux opèrent sans payer aucun frais aux collectivités locales. C’est aberrant », estime notre interlocuteur.
En dépit de l’annonce faite par le ministère des Collectivités locales concernant la date butoir de mi-2016 pour que soient livrés les sites de relogement des marchands ambulants à Trou-Fanfaron, Raja Appadu se dit sceptique. « En attendant, la situation se dégrade de jour en jour sur le terrain, où le nombre de marchands illégaux augmente. Ces marchands n’hésitent pas à occuper des places entières de parking. Que fait la National Transport Authority ? Ils n’hésitent pas non plus à vendre leurs marchandises devant les devantures des magasins, et ce sans impunité. Il n’y a pas assez de policiers sur le terrain », s’insurge le président du FCCM. Raj Appadu pointe également du doigt les inspecteurs municipaux qui, dit-il, ont un « rôle effacé » sur le terrain. Ces derniers devraient, selon lui, se montrer intransigeants envers les commerces illégaux et faire en sorte que la Local Gouvernement Act soit appliquée et respectée. Raj Appadu se montre aussi critique envers l’ancien gouvernement ainsi que le MMM au niveau des municipalités.
Le président du FCCM interpelle une fois de plus les décideurs politiques au sujet de la liste de marchands ambulants compilée par les autorités, et qui en recense 1 200. Raj Appadu souhaite savoir sur quels critères celle-ci a été établie et réclame de ce fait une enquête approfondie sur chaque marchand de rues recensé dans la liste, et ce afin d’établir qui sont les colporteurs et qui sont ceux vraiment dans le besoin. Selon Raj Appadu, l’enquête devrait jouer à plusieurs niveaux avec, d’abord, la Mauritius Revenue Authority (MRA), afin de déterminer s’il s’agit de gros importateurs qui brasseraient large en termes de profits, et qui par conséquent disposeraient des moyens financiers adéquats pour se payer un local et pratiquer leur commerce. Ensuite, poursuit-il, au niveau du Passport & Immigration Office (PIO) afin de déterminer combien de fois ces personnes ont quitté le territoire mauricien dans le cadre de leur business. Et, enfin, au niveau du ministère des Terres et du Logement, afin de savoir si ceux figurant dans cette liste occupent ou non illégalement des terres de l’État. Le FCCM, qui souhaite de plus que cette liste soit représentative de toutes les communautés, réitère son appel au Premier ministre, sir Anerood Jugnauth, pour que ce dernier intervienne personnellement dans le dossier afin, dit-il, de « rétablir le law & order ».