Le nombre de casualties recensés au Waterpark & Leisure Village depuis son ouverture en 2003 s’élève à 6 000. C’est ce qu’a révélé M. Appiah, Acting Head and Operations Managers du parc de loisirs, qui était entendu hier par la Commission d’enquête instituée en vue de faire la lumière sur les deux noyades survenus le 29 septembre et 10 octobre, coûtant la vie à Briteney Joomun (8 ans) et Dylan Dennemont (14 ans).
4 décès, 4 accidents jugés très sérieux, 355 cas d’hospitalisation et 6 000 casualties, ce sont les chiffres communiqués à la Commission d’enquête qui siégeait hier après-midi à la New Court House en réponse à une question sur les accidents survenus depuis l’ouverture du parc aquatique de Belle-Mare à ce jour. En 2012, le nombre de casualites était de 207. Les premiers cas de décès ont été enregistrés en mai et novembre 2006. Leckram Chineea, Chief Occupational Safety & Health Officer au ministère du Travail, un des assesseurs de la Commission est même allé jusqu’à demander à l’Acting Head and Operations Manager du Waterpark & Leisure Village : « Après tous ces cas, suivez-vous toujours le même protocole lors d’accidents ? N’y a-t-il pas eu de réévaluation ou de révision ? » La veille, lors d’une visite au parc de loisirs, les membres de la Commission avaient observé entre autres l’absence de bouée ou encore de panneaux.
Au quatrième jour des auditions de la Commission d’enquête hier, quatre témoins ont été entendus. Les auditions ont débuté avec le Chairman du Sugar Investment Trust (SIT), Ravin Bholah. Ce corps para-étatique gère SIT Leisure Ltd qui gère le parc aquatique de loisirs. La Commission, présidée par la magistrate Bibi Shameem Hamtuh-Lauloo, qui a pour assesseurs Swagath Poorun — du SAMU de l’hôpital Jeetoo — et Leckram Chineea, a montré de l’intérêt au sujet des recrutements et il s’est avéré que le Waterpark opère depuis mars 2013 sans Operations Manager après le départ en février dernier du titulaire à ce poste. Il a également été révélé à la Commission que le Health & Safety Officer, un dénommé Prem Kowlessur, n’est pas dûment enregistré comme officier dans son domaine et travaille de plus comme inspecteur à la Central Water Authority (CWA). La magistrate Hamtuh-Lauloo devait réclamer au Chairman de SIT, le nom de la personne qui a recruté le Health & Safety Officer du parc, ce que le Chairman de SIT a semblé ignorer.
Pas de “risk assessment”
De par la nature des activités aquatiques du parc et le nombre élevé de visiteurs qu’il reçoit, l’assesseur Leckram Chineea a insisté pour savoir si la direction a entrepris un risk assessment des lieux. Ce qui n’a pas été le cas ont fait comprendre la direction du Waterpark et celle du Sugar Investment Trust. M. Chineea a fait remarquer que si le parc avait réalisé un risk assessment, les sauveteurs auraient été placés différemment car, la visite de la veille a permis d’établir que le jour où la petite Briteney Joomun s’est noyée, la vue du sauveteur était obstruée. À ce moment précis de l’audition, la magistrate a fait circuler une photo de la fillette qui lui a permis de conclure que « there was no way for that lifeguard to see the child ».
Le Chairman du Waterpark & Leisure Village, Anand Subron, a été le troisième témoin à être entendu. Lors de son audition qui a été de courte durée, le Chief Occupational Safety & Health Officer au ministère du Travail, Leckram Chineea, devait presser le Chairman du Waterpark d’une série de questions : « Were you aware of 6 000 casualties ? » « Were you aware of the two previous deaths ? » Dans les deux cas, Anand Subron a répondu par la négative. La magistrate Bibi Shameem Hamtuh-Lauloo devait par ailleurs réclamer que soient produits en Cour les minutes of meeting du 10 janvier 2013 où l’item 4 de l’agenda faisait mention de « increase of accidents during the last two months and decrease of man power ».
Un sauveteur pour 10 personnes
Le dernier témoin à être entendu hier était Viraj Ramharai, Examiner & Trainer à la Royal Life Saving Society qui a formé à plusieurs reprises les sauveteurs du Waterpark. Son avis en tant que professionnel a été recherché par la Commission au sujet du ratio de sauveteurs pour une piscine. Viraj Ramharai a indiqué que d’après les normes internationales, le ratio est de 1 sauveteur pour 10 personnes. Le jour où la petite Britney s’est noyée, il y avait environ 35 personnes dans la Kid’s pool et qu’en l’occurrence, il aurait dû y avoir au moins 3 lifeguards ce jour-là. Mais, seul un sauveteur surveillait les piscines pour adultes et enfants au moment du drame.
Viraj Ramharai a également été interrogé sur le nombre d’heures d’affilée qu’un sauveteur peut assurer son travail de surveillance avec efficacité et concentration. La réponse du professionnel de la Royal Life Saving Society est une heure, au maximum deux heures, suivie d’une pause. Or, un sauveteur au Waterpark est appelé à travailler de 9 h à 15 h 30 avec une pause déjeuner de 45 minutes.
Interrogé spécifiquement par la magistrate sur ce que faisait selon lui le sauveteur qui n’aurait pas vu la petite Briteney en détresse et non plus aperçu sa mère l’extirper de la piscine, le formateur et examinateur a soutenu que de son point de vue, le sauveteur a « breach son duty of care » et qu’il se serait interrogé sur ce qu’il faisait et où regardait-il à ce moment précis. Il a poursuivi que le rôle du secouriste dans une situation pareille est d’être très attentif et ne pas être distracted.
Le secouriste Parhmamand Raudhay qui a porté secours à la petite Briteney et à Dylan Dennemont était également présent à la New Court House, prêt à répondre aux demandes de précisions des membres de la Commission d’enquête.
Les auditions de la Commission se poursuivront la semaine prochaine. Les parents des victimes seront entendus quant à eux en fin de semaine.