La commission d’enquête, présidée par l’ex-juge Bushan Dhomah, ayant comme assesseurs Sattar Hajee Abdoula, CEO de Grant Thornton, et Imrith Ramtohul, Senior Investment Consultant chez Aon Hewitt Ltd, a débuté ses travaux hier. Cette commission a été instituée sur décision du Conseil des ministres pour faire la lumière sur la vente des avoirs de BAI, soit 23 % des actions dans la société Britam Holdings Ltd au Kenya. Yogesh Busgeet, un ex-administrateur de la BAI, a indiqué lors de l’audience qu’il y avait eu six offres pour le rachat des actions de Britam et qu’une somme de USD 120 M avait été avancée. Il a soutenu toutefois que la Financial Service Commission (FSC) avait demandé aux administrateurs de ne pas procéder à la mise en liquidation de cette firme.
Les deux ex-administrateurs de la BAI qui ont été auditionnés hier, à savoir Yogesh Busgeet et Mushtaq Oosman, étaient assistés par l’avocat Rajesh Bucktowarsing. Yogesh Busgeet a été interrogé sur son rôle en tant qu’administrateur et la manière dont les différentes entités de la BAI ont été gérées. Il a expliqué que le premier objectif était d’avoir les fonds nécessaires pour payer les tranches du Super Cash Back Gold (SCBG), une première tranche ayant été déboursée en mai et une deuxième fin juin, avec une somme de Rs 3,5 milliards recueillie.
Questionné par la suite par Sattar Hajee Abdoola sur le fait qu’il avait reçu des offres pour l’achat des actifs de Britam Kenya, Yogesh Busgeet a répondu qu’il n’y avait pas eu d’offres par écrit, mais qu’il y avait eu six interested parties, ajoutant qu’il se souvenait qu’une des sommes avoisinait les USD 120 M. Toutefois, il devait soutenir que lors d’un board meeting à la FSC le 6 juin, le board avait demandé aux administrateurs de ne pas procéder à la vente des actions de Britam. « Au départ, l’idée n’était pas de disposer des actions de Britam », dit-il. Yogesh Busgeet avait soumis sa démission le 26 août 2015 et Mushtaq Oosman le 7 août. Yogesh Busgeet avance ainsi que quand ils étaient encore administrateurs, « Britam faisait toujours partie des entités de la BAI, nous ne savons pas ce qui s’est passé par la suite ». Mushtaq Oosman, appelé par la suite, a confirmé ces propos. « La FSC avait maintenu que les actions de Britam n’étaient plus en vente », dit-il, ajoutant avoir refusé une proposition de Barclays South Africa. Mushtaq Oosman explique avoir eu à démissionner comme administrateur à cause de « clashs » à différents niveaux et parce qu’il ne pouvait mener à bien ses objectifs. « We had to work in the best interest of the company but at one point that was missing ».
Britam Kenya avait par la suite été vendue à Rs 2,3 milliards alors qu’elle était évaluée entre Rs 4,2 et 4,6 milliards. Mushtaq Oosman affirme qu’il ne pouvait expliquer comment cette somme a été avalisée pour l’achat de Britam. La prochaine séance, prévue demain, verra la présence de représentants de Business Development Outsourcing (BDO) et ceux de la FSC qui devront apporter plus de précisions sur la vente de Britam Kenya.