Tous, ou presque, en ont pris pour leur grade lors de l’audition, hier, de Peroumal Veeren, trafiquant de dfrogiue condalné à une trentaine d’années de prison.  Du Premier ministre aux policiers en passant par l’ADSU, le commissaire des prisons, Vinod Appadoo, des hauts gradés de la prison, mais aussi des avocats tels Mes Hervé Duval Jr et Samad Golamaully. La déposition de celui qui est incarcéré depuis 2003 a eu l’effet d’une bombe. Après trois heures, durant lesquelles pas une seule fois le trafiquant n’a réclamé de huis clos ni de pause, Peroumal Veeren a pratiqué un grand déballage, accusant même Pravind Jugnauth de « financer le trafic ». Quant à Navind Kistnah, dont il admet « faire partie du réseau », Peroumal Veeren soutient que « li pe kouver dimoun pli laho ! ».
D’entrée de jeu, Paul Lam Shang Leen a ouvert les débats en invitant Peroumal Veeren à « dire ce que vous avez à dire », ajoutant : « Ensuite, nous passerons sur des aspects spécifiques que vous avez mentionnés dans la lettre que vous nous avez envoyés pour nous faire part de votre désir de déposer devant cette commission et d’aider cette instance dans son combat contre le trafic ». Peroumal Veeren ne s’est pas fait prier pour faire un rapide historique de son propre cas (voir plus loin), égratignant au passage même l’ASP Hector Tuyau. Pour Peroumal Veeren, « la police agit comme un perroquet » ! Il poursuit : « Il faut absolument un système avec un juge d’instruction à Maurice. Sinon, nous continuerons à envoyer des innocents en prison. Et la prison fabrique des trafiquants… Il n’y a pas de réforme dans nos prisons. C’est uniquement de la répression, avec pour conséquence que ceux qui en sortent deviennent des trafiquants. »
Après une audition à bâtons rompus pendant presque 120 minutes sans interruption, Paul Lam Shang Leen devait passer le relais à ses deux assesseurs. En point d’orgue, le président de la commission lâcha être « un peu déçu », précisant : « Dans votre lettre, vous nous aviez dit que vous vouliez aider la commission dans son travail pour combattre le trafic. Mais il me semble que vous vous taisiez délibérément sur certains aspects. » À Ravind Dhomun, Peroumal Veeren a expliqué comment « ceux qui font le business de la drogue effectuent des transferts d’argent via des banques, notamment à Dubaï, lors de leurs déplacements ».