Jamais l’industrie hippique ne se serait retrouvée dans une telle situation de précarité. Secoué comme jamais par des scandales à répétition cette année, le monde hippique au Champ de Mars, à bout de souffle, se voit injecter un sérum de survie avec l’entrée en scène de l’État pour une commission d’enquête qui fait l’unanimité autant du côté du gouvernement de Navin Ramgoolam que de celui des bancs de l’opposition.
Avec dans un premier temps les six premières mesures — « (i) no foreign jockeys will henceforth be permitted to ride in the Republic Of Mauritius for normal race meetings, unless such a jockey comes from a country with which Mauritius has an extradition agreement ; (ii) no jockey, whose services have been terminated with one stable, will be permitted to reside in Mauritius and ride for another stable during the same annual racing season ; (iii) the Mauritius Turf Club should immediately inform the relevant authorities, including the Gambling Regulatory Authority and the Mauritius Revenue Authority, of whatever sanctions it has decided against any jockey ; (iv) no stable should be allowed to field more than two horses in a particular race ; (v) no single race should have less than six horses participating therein ; and (vi) prior clearance of the Mauritius Revenue Authority and the Police should be sought before the departure of any jockey from Mauritius » — adressées mercredi au Mauritius Turf Club par la Gambling Regulatory Authority, et d’ores et déjà implémentées avec effet immédiat au lendemain de la longue séance parlementaire de la veille (voir l’intégralité des questions-réponses plus loin), l’opération “coup de balai” est déjà amorcée en attendant l’institution d’une Turf Authoriry.
Foo Kune convoqué le 30 juillet
À bien des égards, c’est la première commission d’enquête étatique d’envergure que l’hippisme mauricien subit de plein fouet, consécutive aux trois comités d’enquête et rapports qui ont apporté des accalmies ponctuelles dans les années 1980. Faut-il le rappeler, le rapport de sir Maurice Rault de 1985 suivi au début des années 2000 de celui des juges Bushan Balgobin et sir Victor Glover avaient recommandé, entre autres, la mise sur pied d’un Turf Board, puis d’un Horse Racing Board en 2003 mué quelque part en une Gambling Regulatory Authority en 2006 avec un penchant pour les activités de betting à Maurice en particulier.
Si des officiels du Mauritius Turf Club, des stakeholders de même que des professionnels des courses sont avares en commentaires depuis la prise de position du Premier ministre — ils préfèrent, disent-ils, être en présence des Terms Of Reference de cette commission avant de se prononcer (ndlr: les Terms of Reference ont été élaborés hier)—, le conseil d’administration du MTC s’est réuni en séance spéciale hier matin pour passer en revue les incidents des dernières semaines. « Le General Manager (ndlr : Benoit Halbwachs) a été prié d’informer les responsables de l’écurie Paul Foo Kune qu’ils doivent s’assurer que toutes les dispositions nécessaires soient prises pour que de tels incidents ne se reproduisent pas », écrivait le site web du MTC hier après-midi.
Mais c’est surtout la convocation de Paul Foo Kune par le conseil d’administration à une réunion mercredi prochain (30 juillet) qui est désormais le talk de cette fin de semaine. Les plus avertis parlent déjà de la décision de ne pas renouveler sa licence de Stable Manager. Ce dernier s’est vu octroyer une licence pour créer son écurie en 2011. Aujourd’hui, à sa quatrième saison, cet établissement est en tête au hit-parade pour succéder à Gilbert Rousset.
Mais entre-temps, le duo Paul Foo Kune-Bud Gujadhur s’est retrouvé souvent dans des conflits d’intérêts et de betting. L’affaire Gemmaye Street le samedi 28 juin dernier, qui a entraîné la double suspension Bud Gujadhur-Fausto Durso, suivie immédiatement du retrait de la licence de l’entraîneur et du jockey concernés, avait éclaboussé un peu plus le Champ de Mars. L’épisode Always Flirting-Derreck David couplé au retrait des chevaux de Foo Kune après cette quatrième course de samedi dernier (du jamais vu dans l’histoire des courses à Maurice), aura été sans doute l’incident de trop.
De son côté, l’avenir de Ian Paterson, Chairman of Racing Stewards, s’assombrit au fil des jours. L’Australien au centre de plusieurs controverses depuis le début de saison serait, selon certaines sources, lui aussi prié de faire ses valises à la fin de 2014.