La commission d’enquête sur les courses instituée par le gouvernement et conduite par les Britanniques Richard Nicholas Parry, Denis George Gunn et John Paul Scotney enregistre déjà ses premières anicroches avant même que ne débutent les travaux le lundi 17 courant au troisième étage de Moorgate House, à Port-Louis. C’est surtout la rigidité de son secrétariat qui est dénoncée.
L’avocat Yahia Nazroo, un des Mauriciens qui ont signifié leur intention de déposer devant la commission, a été convoqué via un courriel par le secrétaire de la commission, Motichand Seebah, à une date où il ne sera pas disponible. Soit le jour de l’ouverture des travaux à 15h, alors qu’il avait au préalable signalé officiellement à ceux concernés de son indisponibilité du 17 au 19 courant.
Yahia Nazroo, qui a fait part de son intention d’être accompagné par Abdullah Atchia lors de sa déposition, dit en effet avoir averti Motichand Seebah dans une lettre en date du mardi 28 octobre de son indisponibilité du 17 au 19 courant, ayant été invité à un Defence Training organisé par le United Nations Office of Drugs and Crimes sur les maritime and privacy cases. Or, il a été inclu au premier jour même dans la grille des horaires à l’agenda constituée par le secrétaire de la commission.
Contacté ce matin, Yahia Nazroo nous a déclaré que la tenue de cette commission d’enquête est une grande opportunité pour assainir les courses à Maurice et qu’il tient à déposer devant les Britanniques. « Je ne veux pas antagoniser ces experts étrangers qui vont diriger cette commission à travers déjà un trial by the press, mais je trouve unfair la démarche de M. Seebah, que j’ai eu au téléphone hier après-midi ».
Devant l’insistance de Motichand Seebah qui a fait comprendre à Yahia Nazroo hier après-midi que s’il ne se présentait pas à 15h le 17 courant il serait privé d’audience dans cette Commission of Inquiry on Horse Racing in Mauritius, l’avocat a réagi et a réitéré sa requête ce matin par voie d’une nouvelle lettre adressée aux Chairman and the Commissioners of the Commission of Inquiry on Horse Racing in Mauritius, où il demande de prendre en considération son professionnal commitment lié au UNODC tout en précisant sa disponibilité à n’importe quel jour, à n’importe quelle heure après le 19 novembre.
« J’ai fait une requête not to be summoned devant la Commission Of Inquiry durant les trois jours cités, du fait que I’m attending the Maritime And Transnational Organised Crime Programme (Indian Ocean) on maritime crime defence legal training between ther 17 and 19 November 2014, and therefore will not be able to testify at these days… J’ai même inclu une copie du courriel d’invitation de l’UNODC ».
Toujours est-il que des questions se posent sur la démarche et les pouvoirs accordés au secrétaire Motichand Seebah dans le cadre de cette commission d’enquête à Moorgate House. Passe-t-il du simple rôle de facilitateur — on l’aura vu dans ce rôle vendredi dernier dans l’enceinte du Champ de Mars accompagnant les Britanniques lors de leur première sortie publique prétravaux de la commission d’enquête — à celui de décideur ?
Pour rappel, c’est la première commission d’enquête étatique d’envergure que l’hippisme mauricien subit de plein fouet après les scandales à répétition qui ont secoué comme jamais le Champ de Mars cette année. Elle succède aux trois comités d’enquête et rapports qui ont apporté des accalmies ponctuelles dans les années 1980. Faut-il le rappeler, le rapport de sir Maurice Rault de 1985 suivi au début des années 2000 de celui des juges Harris Balgobin et sir Victor Glover avaient recommandé, entre autres, la mise sur pied d’un Turf Board, puis d’un Horse Racing Board en 2003 mué quelque part en une Gambling Regulatory Authority en 2006, avec un penchant pour les activités de betting à Maurice en particulier.