La commission d’enquête présidée par l’ex-juge Bushan Dhomah, avec comme assesseurs Sattar Hajee Abdoula et Imrith Ramtohul, s’est poursuivie hier avec le témoignage de Yacoob Ramtoola, administrateur spécial de la BAI, et le CEO de la National Property Fund Ltd, Sanjiv Issary. La commission s’est montrée sceptique quant au rôle joué par ces différentes parties dans la vente des actions de Britam Holdings au Kenya, ayant eu à plusieurs reprises à demander plus d’éclaircissements sur la provenance des instructions et les procédures enclenchées autour de cette vente.
Le Special Administrator et managing partner de la Business Development Outsourcing (BDO),Yacoob Ramtoola, s’est vu d’entrée demander par le juge Bushan Dhomah d’expliciter son implication dans la vente des actions de Britam Kenya. Il a relaté tout d’abord qu’il n’était « pas au courant » qu’il y avait des offres verbales pour l’achat des actions de Britam. Il indiquera par la suite, faisant l’historique de cette transaction, que le 11 septembre 2015, la Barclays Bank avait écrit au secrétaire financier Dev Manraj, proposant d’offrir ses services pour disposer des actions de Britam. Rs 100 M auraient été déboursées pour s’octroyer les services de la Barclays Bank. Cependant, Yacoob Ramtoola devait indiquer que le ministre des Finances de l’époque, Vishnu Luchmeenaraidoo, avait annoncé la création d’un “sovereign fund” dans lequel les actions de Britam allaient être placées. La firme sud-africaine MMI est par la suite entrée dans les négociations, avec une “non-binding offer”, pour disposer des 23% des actions dans la société Britam, à hauteur de Rs 4,2 milliards. La firme sud-africaine avait par la suite envoyé une lettre au secrétaire financier Dev Manraj pour demander une extension pour une “binding offer”. Toutefois, selon Yacoob Ramtoola, le 23 novembre, le Chairman de Britam Kenya, Peter Mungra, était à Maurice pour discuter de l’offre de MMI holdings avec l’ex-ministre des services financiers Roshi Badhain. Peter Mungra avait fait comprendre que « les actionnaires étrangers n’étaient pas les bienvenus ». La National Property Fund Ltd avait par la suite pris possession des actions de Britam, Yacoob Ramtoola expliquant que son rôle était de transférer ces avoirs à la NPFL et de les convertir en cash pour le repaiement de la police d’assurance SCBG.
La commission a eu à chercher à plusieurs reprises des éclaircissements, se retrouvant dans le flou quant au rôle précis joué par les différents protagonistes dans cette affaire, étonné du fait qu’il n’y ait pas eu de “transaction advisor” dans ce deal. Yacoob Ramtoola a précisé que la firme BDO a joué un rôle de « facilitateur » dans ces démarches. Il devait aussi indiquer que lorsque le Memorandum of Understanding a été signé, le 12 mars 2016, le prix d’une action de Britam Kenya était de Kes 11 (kenyan shilling) alors que l’accord signé portait sur Kes 26.
Selon Sanjiv Issary, CEO de NPFL, l’institution devait récupérer Rs 2,4 milliards alors que la somme finale était de Rs 2,47 milliards. Sanjiv Issary devait préciser qu’il n’était pas partie prenante des discussions dans la vente des actifs de Britam Kenya et que c’est le Special Administrator qui avait le contrôle des actions.
La prochaine audience aura lieu le 11 juillet avec la reprise des auditions de Sanjiv Issary. Les représentants de la FSC seront les prochains sur la liste.