L’ancien spécialiste mondial du 200m, Stephan Buckland, ne fait plus partie du Comité olympique mauricien (COM). Il a, en effet, démissionné en tant que membre de la commission des athlètes dont il a fait partie depuis 2008. Il a soumis sa démission il y a deux semaines et a fait part de ses raisons au président du COM, Philippe Hao Thyn Voon. A Week-End, Stephan Buckland a déclaré que ce sont des raisons personnelles et professionnelles qui l’ont poussé à prendre ses distances du COM.
« J’ai l’impression qu’on ne partage pas les mêmes valeurs de l’olympisme au sein du COM. Ces valeurs sont, pour moi, très importantes, voire sacrées. C’est un point de vue personnel. Face à cette situation, j’ai préféré démissionner », a d’emblée déclaré Stephan Buckland. Week-End a eu vent que ce dernier a récemment eu maille à partir avec un des membres du COM, réputé pour ses…. Stephan Buckland n’a toutefois pas répondu à cette question. Il a cependant dit avoir clairement expliqué à Philippe Hao Thyn Voon les raisons de sa décision. « J’ai fait comprendre au président du COM que j’avais d’autres priorités. J’espère qu’il a compris ma décision et les raisons que j’ai avancées », a-t-il fait remarquer.
Pour Stephan Buckland, il est très important que le COM soit guidé par les valeurs de l’olympisme. Est-ce à dire que cet organisme n’est pas en phase avec ses propres principes ? Il a déclaré : « Cela aurait pu être mieux. C’est mon opinion.  » Et en tant que membre de la commission des athlètes, est-il satisfait de ce qui a été accompli ? Là également, Stephan Buckland a indiqué que cela aurait pu être mieux, sans pour autant dire quelle ont été les lacunes, voire failles.
Stephan Buckland a ajouté qu’au sein du COM, Karen Foo Kune et lui-même, sont entourés de vétérans. Il est d’avis que plus d’efforts doit être consentis afin que les jeunes trouvent leurs places au sein des mouvements sportifs. « J’aurais souhaité qu’il y ait plus de soutien à la commission des athlètes. J’ajouterai que le COM n’est pas le seul à blâmer, puisqu’au sein des fédérations, je constate tristement que les athlètes n’ont pas réellement la place qui leur est dû, alors qu’ils sont les piliers mêmes de ces fédérations », a-t-il déploré.
Pour l’ancien membre du COM, la majorité des fédérations n’ont pas vraiment compris sa démarche de mettre en place des commissions des athlètes au sein de chacune d’elle. Hormis l’Association mauricienne d’Athlétisme (AMA, qui possède déjà une commission pour des athlètes, nombreuses sont les fédérations, a-t-il souligné, qui n’ont démontré aucun intérêt par rapport à ce projet et pour lui, c’est un point négatif dans l’avancement même du sport à Maurice.
« Malheureusement, la majorité des fédérations n’a pas joué le jeu. Je trouve que c’est dommage, d’autant que l’athlète doit être au centre des préoccupations. Faut-il que je  rappelle que sans athlète, les fédérations n’auraient pas existé », a-t-il précisé. Selon lui, les athlètes n’ont très souvent pas droit au chapitre et ce sont les fédérations qui décident à leurs places. « Les fédérations ont une mainmise sur les athlètes, alors que ce sont ces derniers qui se sacrifient pour briller sur le terrain. Et pourtant, ils ont peur de s’exprimer. Je trouve cela révoltant, puisqu’un athlète doit pouvoir s’exprimer librement quand cela s’avère important », a-t-il fait ressortir.
Après sa démission du COM, Stephan Buckland dit désormais se consacrer à ses activités professionnelles, à sa famille et à son rôle d’entraîneur au sein du Centre international d’Athlétisme de Maurice. Il a d’ailleurs un bon groupe sous la main parmi lequel on retrouve un certain Jonathan Permal, spécialiste du 200m comme lui.