« La situation est critique dans le domaine de l’éducation tertiaire », affirme la Commission Éducation du MMM, qui a tenu une conférence de presse animée par Steve Obeegadoo. Compte tenu de la situation « angoissante » dans le secteur tertiaire, la commission attend avec impatience les élections « pour se débarrasser du ministre Jeetah et démarrer une remise en ordre ».
« L’enseignement supérieur est en crise perpétuelle, les problèmes s’accumulent et les fautifs restent en place », s’est indigné Steve Obeegadoo. Ce dernier a fait mention de cinq institutions au statut incertain : EILM, JSS Academy, Isitech, D.Y. Patil et Spherenity. Ces universités offshore implantées à Maurice sous la tutelle du ministre de l’Éducation tertiaire Rajesh Jeetah continuent de tourner, « mais sous quelles conditions ? » se demande la commission Éducation du MMM.
Steve Obeegadoo rappelle que depuis 2013, il n’y a eu « aucune solution trouvée pour ces institutions en dépit de l’interdiction de quitter Maurice imposée au directeur de la Tertiary Education Commission (TEC) en mars de cette année ». La commission s’interroge également sur la non-reconnaissance des diplômes de ces universités et se demande quelles seront les marches à suivre pour les étudiants mauriciens et étrangers qui ont déboursé beaucoup d’argent pour poursuivre leurs études. Dans l’affaire D.Y. Patil, Steve Obeegadoo rappelle également qu’il y a eu des rapports déposés par la TEC, le juge Pillay ainsi que le ministère mais que depuis « on n’entend rien ». Il déplore aussi « le silence assourdissant du Medical Council » face à cette situation.
Depuis 2013, ces problèmes ont été abordés au Parlement mais jusqu’à présent il n’y a eu aucun avancement, selon la commission, sauf que certaines institutions ne prennent plus de nouveaux étudiants. Steve Obeegadoo a cependant insisté que « face au nombre d’étudiants victimes de cette situation, il faudrait trouver une solution avant la rentrée des mois d’août/septembre ».
Françoise Labelle, pour sa part, s’« élève avec force contre le traitement inhumain que les étudiants étrangers vivent au quotidien ». Elle revient sur le cas des étudiants népalais du Spherinity College révoltés par le calvaire vécu et les menaces subies depuis leur arrivée au pays. « Trente-deux dépositions ont été faites à la police et il n’y a eu aucune convocation. Le silence des autorités cautionne ce genre de cas », soutient-elle.
Une évaluation devait être faite par des universitaires britanniques pour apporter des améliorations au système mauricien mais jusqu’à présent, les résultats de cette évaluation se font toujours attendre. « Ni les termes de référence, ni l’identité des évaluateurs, ni l’échéancier ne sont connus », soutient Steve Obeegadoo. Il se demande si cela ne serait pas qu’un « subterfuge du gouvernement pour gagner du temps ».
Au niveau de l’institution de la TEC, la Commission Éducation du MMM s’est dite soulagée de voir un nouveau conseil d’administration mais ajoute ce nouveau board n’est pas assez expérimenté et ne dote d’aucune stratégie pour stopper la dérive « alors que MM. Baskshi et Mohamed se préoccupent des caméras ».
Derrière tous les problèmes relevés, pour la Commission Éducation du MMM, la TEC ne serait pas la seule institution à blâmer. Le ministre Jeetah est qualifié de « dénominateur commun de tous les problèmes dans le tertiaire ; c’est une catastrophe ambulante ».  Steve Obeegadoo devait ironiser que « le ministre va prendre des cours particuliers des nouveaux bacheliers alors que les diplômés du HSC sont victimes de la publicité mensongère d’EILM et consorts ».
Pour le MMM, le temps passe et rien ne change. « La crise s’amplifie et les conséquences pour les étudiants se font déjà sentir. Le laisser faire ne peut plus durer ». La commission attend avec impatience les élections « pour se débarrasser du ministre Jeetah et démarrer une remise en ordre du secteur ». Cette remise en ordre consistera à redéfinir la mission de la Tertiary Education Commission, réorganiser le secteur public de l’enseignement supérieur et refondre le cadre régulateur pour le secteur privé. Le recrutement et l’accueil des étudiants étrangers seront repensés au vu de l’expérience passée.