L’année 2012 sera marquée par des manifestations ponctuelles des activistes des Verts-Fraternels devant les firmes privées qui ont bénéficié des décennies durant de l’esclavage et de l’engagisme. C’est ce qu’a annoncé à la mi-journée leur leader, Sylvio Michel, lors d’une rencontre avec la presse au Centre social Marie Reine de la Paix, Port-Louis, pour commenter les recommandations de la Commission Justice et Vérité.
« Les Verts-Fraternels (VF) pou pran bann aksion en 2012 pou ki responsabilite finansman ek konpansasion pa zis tom lor ledo gouvernman ek bann pei etranze. Nou pou organiz bann manifestasion ponktiel ek regilie divan bann lantrepriz ki finn erit kapital esklavaz et langazism », a promis son leader Sylvio Michel. Il était entouré de son frère Elie Michel et d’autres activistes du parti.
Le leader des VF trouve « inacceptable » que la Commission Justice et Vérité (Truth and Justice Commission – TJC) n’ait nullement inquiété le secteur privé mauricien qui pourtant, selon lui, a bénéficié et continue de bénéficier du sang et de la sueur des descendants d’esclaves et des travailleurs engagés. « Raport TJC protez sa sekter-la, alor ki zot pli gran bénéfisier frwi travay esklav ek travayer angaze pandan plizir siek », a-t-il précisé.
Sylvio Michel se dit d’autant plus convaincu que ces institutions et firmes privées doivent participer au paiement de la « réparation sociale, morale, educative et autres » que préconise le rapport de la TJC et ce financement sur la plan local dépendra plus « lor volonte gouvernma morisien ek bann ressours ki li dipoze ».
« Touzour selon TJC, finansman tou bann proze ek rekomandasion pou fer plis a partir letranze (Lafrans, Langleter ek la Hollande, pei kolonizater), ki finn otoriz latret negriyer, lesklavaz e langazman », ajoute le leader des VF.
Sylvio Michel dit douter de la volonté du gouvernement mauricien de solliciter ces gouvernements étrangers à cet effet. « Si nou get depi lindepandans kouma sak gouvernma Moris finn tret kestion Larsipel Sagos ek Tromlin, nou konklision li kler : gouvernma pa pou tant nanier dan sa direksion-la, mem lor plan diplomatik. Lor enn laksion legal kont sa bann pei-la, la osi, nou ena gran dout », affirme-t-il. D’où les manifestations prévues contre les institutions et firmes privées qui ont bénéficié de l’esclavage et l’engagisme en vue de les forcer à mettre la main à la poche et réparer par là même les torts commis contre les descendants d’esclaves et de travailleurs engagés.
Les VF doutent également de la demande de pardon comme recommandé par la TJC. « Nou trouve ki pardon san bann mwayin finnsie pa pou sanz nanie », insiste le leader du parti.
Sylvio Michel a par ailleurs indiqué que son parti digère très mal l’argument de la TJC de ne pouvoir retracer les descendants d’esclaves pour justifier le non-paiement d’une compensation financière. D’autant plus, poursuit-il, que la vice-présidente de la TJC, Vijaya Teelock, était elle-même responsable en 2003 du projet « Family Tree ». Un projet d’arbre généalogique pour des descendants d’esclaves, sous l’égide du ministère des Arts et de la Culture. « Pou bann travayer angaze, ena enn zoli proze d’arb zenealozik ki mars tre bien au Mahatma Gandhi Institute à Moka », explique-t-il. « Me pou bann desandan esklav, proze “Family Tree” minister Lakiltir pa finn abouti. Me plizir dimounn finn reissi kan mem fer zot larb zenealozik e remont ziska lepot esklavaz dans sant Nelson Mandela pour la Culture Africaine. »
Le leader des VF a révélé que la semaine dernière, environ 300 de ses activistes sont descendus au Centre Nelson Mandela pour la Culture Africaine, à la Tour Koenig, pour leur arbre généalogique. « Il y a un manque de moyens affligeant à ce centre et nous avons écrit au ministre Choonee pour une rencontre en vue de discuter de cela. Mais il n’a pas eu l’élégance de me répondre jusqu’ici. Faut-il qu’il y ait une manifestation des VF devant son bureau pour le faire réagir ? » s’est-il demandé.
Sylvio Michel a annoncé que l’élaboration des arbres généalogiques des descendants d’esclaves sera cette année une des priorités de son parti. « Li pa vre ki swadizan ki bann desandan desklav pena tras kuma TJC oule fer kwrar », s’indigne-t-il.
Le leader des VF a d’autre part annoncé que son parti célébrera l’Abolition de l’Esclavage le 1er février au Jardin de la Compagnie à Port-Louis et prendra part aux élections générales l’année prochaine « avec ou sans alliance ».