Le CEO de Médine Sugar Estate Daniel Giraud a déposé une nouvelle fois hier devant la Commission Justice et Vérité. Sa déposition concernait toutefois la famille Jeannot, qui réclame un terrain de 159 arpents à Gros Cailloux / Canot, et non le cas de Clency Harmon qui devra attendre que la commission convoque la propriété sucrière à ce sujet. « Nous sommes prêts à collaborer pleinement », a soutenu M. Giraud, qui a d’ailleurs produit les titres de propriété de Médine.  
Lors de l’audition d’hier, la Commission a également remis au CEO de la propriété de Médine les documents soumis par les héritiers de Mathurin Jeannot. Lors de sa déposition, hier, Daniel Giraud a indiqué que la propriété sucrière de Médine est prête à collaborer pleinement avec la Commission Justice et Vérité pour rétablir les faits sur les revendications de la famille Jeannot. « Maintenant que nous avons les documents en main, nous allons prendre connaissance des lettres et faire notre analyse », a soutenu M. Giraud. Ce dernier se dit également prêt à revenir devant la Commission pour donner des explications une nouvelle fois après avoir analysé les documents soumis par la famille Jeannot. « Quand la Commission estimera qu’il faut nous revoir, nous reviendrons », a déclaré le CEO de Médine Sugar Estate.
À noter que des héritiers de Mathurin Jeannot ont déposé contre l’établissement sucrier Médine concernant un terrain de 159 arpents situé à Gros – Cailloux/Canot. Ils allèguent que cet immense terrain, dont une grande partie demeure en friche depuis des années, est une légation d’un de leur ancêtre, esclave affranchi, et est occupé de manière illégale par le groupe sucrier. Au niveau de la Commission Justice et Vérité, ce dossier aurait une certaine solidité car à une des auditions, l’historien et commissaire Benjamin Moutou a évoqué « un début de preuves » que les Jeannot pourraient utiliser devant des instances légales pour établir leur propriété du terrain en question. Au cours de son enquête, la Commission est tombée sur une lettre rédigée par un ex-administrateur du groupe sucrier qui y confirme que le terrain « appartient », effectivement à la famille Jeannot. La lettre date de 1962. Pourtant, la famille Jeannot n’a jamais pu prendre possession de ces terres, bien qu’elle eût instruit à cet effet une action judiciaire contre le groupe sucrier durant les années 70 puis 90. Elle n’a rien su de la suite de cette affaire. Le terrain en litige était connu à l’origine sous le nom de La Cantine. Un cimetière familial de la famille Jeannot y est toujours.