Paul Bérenger, leader de l’Opposition et du MMM, demande à ce que la promotion des recommandations de la Commission Justice et Vérité soit incluse au nombre des objectifs du Centre culturel Nelson Mandela. Il indique en avoir discuté, vendredi, avec le Premier ministre, Navin Ramgoolam, et précise que ce dernier a réagi « positivement » à sa suggestion. Il réclame, par ailleurs, que le prochain budget fasse provision pour une converture d’assurance de même qu’une pension pour les athlètes de haut niveau.
Paul Bérenger explique que cela fait un certain temps qu’il travaille sur des amendements à être apportés au fonctionnement du Nelson Mandela Centre for African Culture. Il ajoute que la grève de la faim qu’entame, ces jours-ci, le leader des Verts Fraternels, Sylvio Michel, l’a décidé à activer les choses. Si, pour lui, certaines revendications des Verts Fraternels demandent du temps à être considérées et traduites dans les faits, celle concernant l’application des recommandations de la Commission Justice et Vérité a le mérite d’aller droit au but.
C’est ainsi que le leader de l’Opposition demande à ce que le Centre culturel Nelson Mandela soit relancé au moyen d’un renforcement de ses objectifs en y incluant la promotion des recommandations de la Commission Justice et Vérité. Pour Paul Bérenger, redynamiser ainsi ce centre culturel en lui octroyant la responsabilité de promouvoir les recommandations de la Commission Justice et Vérité permettrait à Sylvio Michel de mettre un terme à sa grève de la faim.
Même si, explique-t-il, l’on peut ne pas être d’accord avec tout ce qu’entreprend le leader des Verts Fraternels, le leader du MMM estime que nul ne peut remettre en question la sincérité de ce dernier. « Je ne pouvais rester indifférent à sa grève de la faim », souligne Paul Bérenger. Il indique avoir transmis, vendredi, au Premier ministre, Navin Ramgoolam, sa suggestion pour inclure la promotion des recommandations de la Commission Justice et Vérité au nombre des objectifs  du Nelson Mandela Centre for African Culture. Selon le leader de l’Opposition, la réaction du chef du gouvernement à cette proposition a été « positive ». Il dit, ainsi, espérer un rapide suivi de l’affaire.
Les jeunes et le communalisme
Parlant, par ailleurs, de sa suggestion de ramener le droit de vote à 16 ans, le leader du MMM trouve que cette idée interpelle particulièrement les jeunes. Ce qui, pour lui, est « très positif ». Dans la foulée, il trouve que la jeunesse s’oppose généralement à tout ce qui est susceptible de créer des antagonismes sur les plans racial, communal, castéiste et religieux. Ce qui amène Paul Bérenger à suggérer la révision de la Section 82 du Code pénal qui, selon lui, se révèle « inefficace » et « dépassée » dans la répression de l’incitation à la haine raciale, communale, castéiste et religieuse.
À cet effet, il explique que, selon cette disposition de la loi,  pour prendre à défaut un contrevenant,  il faut préalablement prouver son intention à inciter à la haine raciale, communale, castéiste ou religieuse. Le leader de l’Opposition cite les exemples français, australien, bolivien et britannique où, dit-il, la loi réprime toute déclaration simplement susceptible d’inciter à de telles haines envers l’autre. Le leader du MMM dit prendre l’engagement de revoir cette Section 82 du Code pénal.
Félicitant de nouveau les médaillés aux championnats mondiaux de kick-boxing, Paul Bérenger trouve que l’occasion se prête pour corriger les « injustices » dont sont victimes nos athlètes de haut niveau. Alors que, dit-il, le pays, dans son ensemble bénéficie des gros sacrifices consentis par ces derniers, ces athlètes de haut niveau n’ont, en fin de carrière, plus aucun moyen de subsistance. Ce qui, pour lui, est « inacceptable ».
Selon le leader de l’Opposition, il convient de mettre en place un système de pension pour que ces athlètes puissent vivre « dignement » après leur carrière de sportif de haut niveau. Paul Bérenger – qui rappelle, de même, les risques qu’encourent les athlètes de haut niveau durant leur carrière – suggère parallèlement une couverture d’assurance pour ces derniers. Il demande que l’on batte le fer comme il est chaud et que provision soit faite, à cet effet, dans le prochain budget. Tant pour cette couverture d’assurance que pour la pension des athlètes de haut niveau, le leader de l’Opposition est d’avis que la State Insurance Company Ltd (SICOM) peut être mise à contribution.
Revenant, enfin, sur les controverses suscitées autour de la nouvelle carte nationale d’identité, d’une part, et de l’Asset Recovery Act, de l’autre, Paul Bérenger dit espérer que lors de son récent détour par Londres, le PM a eu le temps de consulter Me Geoffrey Cox qui, selon lui, a dû faire comprendre au chef du gouvernement qu’il faisait fausse route sur les deux sujets.
Outre les exemples britannique et allemand qu’il a déjà cités sur la question de la carte d’identité biométrique, le leader de l’Opposition évoque, cette fois, l’exemple de la France où, souligne-t-il, dans un jugement en date du 22 mars 2012, la Cour constitutionnelle a statué que certaines dispositions – dont le prélèvement des empreintes digitales des détenteurs de même que leur stockage dans une banque de données centralisée – sont anticonstitutionnelles.
Carte d’identité: « Rectifier le tir »
Le leader du MMM – qui assure ne vouloir faire de cette question de carte nationale d’identité une question de politique partisane – réitère sa demande au PM pour que ce dernier « rectifie le tir » d’autant que, souligne-t-il, Navin Ramgoolam a lui-même déclaré comprendre les appréhentions exprimées. Il rappelle que son parti a demandé à la population de ne pas se presser pour s’inscrire en vue d’obtenir la nouvelle pièce d’identité, le temps que la Cour suprême se prononce sur la constitutionnalité du projet.
Alors que, dans le cas des jeunes qui viennent d’avoir18 ans, il est, selon lui, normal que ces derniers, pour des raisons pratiques, ne peuvent faire autrement que de s’inscrire pour la nouvelle carte, Paul Bérenger parle de campagne de « peur » qui serait exercée sur des personnes âgées à qui l’on ferait croire qu’elles seraient privées de leur pension de vieillesse si elles n’obtenaient pas rapidement leurs nouvelles cartes d’identité. Ce qui, pour lui, serait « bien triste ».
Dans le cas de l’Asset Recovery Act, le leader de l’Opposition trouve que Me Geoffroy Cox a dû faire comprendre au chef du gouvernement qu’il n’est pas du rôle du Directeur des Poursuites Publiques (DPP) d’enquêter, de poursuivre, de récupérer et de disposer des biens dans les affaires relevant du crime organisé. Paul Bérenger renouvelle sa demande pour que ces attributions relevant, anciennement, de l’Asset Recovery Commissioner soient confiées à une agence spécialisée indépendante.
Le leader de l’Opposition soutient que, comme il l’avait prévu, le DPP se retrouve déjà mêlé à des polémiques. Il cite une interview de presse de l’avocat d’affaires, Me Penny Hack, parue cette semaine et dans laquelle ce dernier s’oppose au fait que le DPP peut sollicter auprès des banques des informations sur des clients sans préalablement obtenir l’ordre d’un juge en Chambre. Paul Bérenger dit que cet avocat d’affaires pense que cela peut faire du tort au secteur offshore.