La mise en place d’un Climate Finance Capacity Hub a fait l’objet de discussions cette semaine entre les autorités mauriciennes et le secrétaire général adjoint du Commonwealth, Deodat Maharaj. Ce dernier est à Maurice pour la réunion des conseillers du programme Hub & Spokes, organisée conjointement par le secrétariat du Commonwealth, l’Union européenne et l’Organisation Internationale de la Francophonie.
Deodat Maharaj a eu une rencontre avec le ministre de l’Environnement, Raj Dayal, lundi. D’autres rencontres sont prévues avec des parties prenantes mauriciennes dont des cadres du ministère des Affaires étrangères.
L’île Maurice a été choisie pour accueillir le Climate Finance Capacity Hub à l’intention des Petits États insulaires vulnérables lors du sommet des Chefs d’État et de gouvernement du Commonwealth qui s’est tenu au Sri Lanka en novembre 2013. Maurice était représentée à ce sommet par le ministre des Affaires étrangères d’alors, Arvin Boolell. Le Premier ministre d’alors, Navin Ramgoolam, avait refusé de se rendre au Sri Lanka pour protester contre la façon de faire du président sri lankais par rapport à la communauté tamoule dans ce pays, ce qui avait valu à Maurice d’être disqualifiée comme candidat pour accueillir le sommet du Commonwealth suivant, prévu pour cette année.
Conformément à la décision prise à ce sommet, le Climate Finance Skills Hub pour les États insulaires vulnérables doit être développé « as on online facility in order to provide expertise and knowledge as well as technical assistance for countries seeking to gain access to climate finance ».
La création de ce centre avait été mentionnée par le représentant de Maurice à New York, Milan Mitarbhan, dans son intervention à l’Assemblée nationale des Nations unies l’année dernière. « We welcome the decision of the last Commonwealth Head of Governments meeting to establish a Commonwealth Climate Capacity Hub to be hosted by Mauritius to adress critical gaps in building capacity of SIDS and LDCs to identify, access and manage climate Finance », avait dit M. Mitarbhan.
Dans une déclaration au Mauricien hier, Deodat Maharaj a expliqué que la création de cette instance à Maurice a fait l’objet d’un rapport de consultants soumis à la fin de septembre. Ce centre d’excellence permettra à Maurice d’accueillir des experts dans le domaine de la « Climate finance » venant tant du Commonwealth que de la Francophonie. Deodat Maharaj aura une session de travail avec les membres du Programme Steering Committee à Maurice jeudi.
Pour Deodat Maharaj, l’avenir de Maurice réside dans ce genre d’initiative qui s’inscrit dans le cadre de la création d’un knowledge hub ici.
L’adaptation des pays aux changements climatiques est un processus qui coûte cher. Les petits États insulaires dans le monde n’ont non seulement pas les moyens financiers de se relever par leurs propres moyens après avoir été frappés par des catastrophes naturelles dues aux changements climatiques, ils n’ont également pas les moyens nécessaires pour se prémunir contre de tels dangers, d’où l’importance de la Climate Finance. Les pays réunis à Lima l’année dernière ont promis de mobiliser quelque 9 milliards de dollars qui seront consacrés à ce problème.
Deodat Maharaj participe à une réunion consacrée au programme Hub & Spoke organisé à l’hôtel Voilà Bagatelle. Une centaine de conseillers venant des pays d’Afrique, des Caraïbes et du Pacifique participent à cette rencontre qui prendra fin jeudi. Hier, les participants ont parlé des relations intrarégionales. Ils se sont beaucoup intéressés à la façon dont l’industrie sucrière mauricienne s’est adaptée après le démantèlement du Protocole sucre. Ils se sont également intéressés à la stratégie adoptée par Maurice dans le domaine de la manufacture des produits textiles et de l’habillement pour l’exportation et la raison pour laquelle Maurice a réussi là où les pays africains ont failli en ce qui concerne la zone franche.
Selon Deodat Maharaj, le programme Hub & Spokes aide les petits pays insulaires à avoir recours à l’expertise nécessaire dans le cadre des négociations commerciales internationales et pour les aider à mettre en place les stratégies de développement économique et commercial.