Assad Bhuglah, directeur de la Trade Policy Unit au ministère des Affaires étrangères et du Commerce international, participe actuellement à Londres à une réunion consultative des experts en matière de commerce international. Convoquée par le Commonwealth Secretariat, cette réunion est axée sur les problèmes que rencontrent les petits États dans le système commercial multilatéral.
Le rendez-vous de Londres est également une rencontre préparatoire pour la neuvième conférence ministérielle de l’Organisation Mondiale du Commerce (OMC) prévue en décembre 2013 à Bali, Indonésie. C’est une opportunité pour les participants de discuter des conclusions de trois études commanditées par le Commonwealth Secretariat, portant sur les options stratégiques se présentant aux petits États, les approches innovatrices pour débloquer l’impasse concernant le round de négociations de Doha et les problèmes systémiques auxquels les petits États sont confrontés au niveau du fonctionnement de l’OMC. Seront entre autres présents à cette réunion consultative, des représentants des Barbades, du Bangladesh, de la Jamaïque, de la Papouasie Nouvelle Guinée, de Ste Lucie, de Trinité-et-Tobago, des chercheurs de la London School of Economics, de l’Université de Cambridge, de l’Université d’Oxford et de CARICOM et du Pacific Island Forum. Elle a été officiellement ouverte par le dr Cyrus Rustmjee, directeur des Affaires économiques au sein du Commonwealth Secretariat.
Les petits États du Commonwealth (définis comme étant ceux comptant une population de 1,5 million d’habitants ou moins) souffrent de différents problèmes inhérents : petite taille, isolement géographique, possibilités limitées de diversification, forte dépendance sur un ou deux produits, absence d’économie d’échelle, volatilité des revenus et vulnérabilités à des catastrophes naturelles et changements environnementaux. Selon des experts en matière de commerce international, les petits États ont au cours des dernières décennies fait de gros efforts pour mettre en place un régime commercial libéral tout en réformant leurs structures industrielles et leur politique d’investissement. L’objectif était de prendre avantage autant que possible de la mondialisation. Cependant, ces pays ont eu à surmonter de nombreux obstacles pour se protéger contre les mauvaises pratiques et règles commerciales.
« Small States face a number of systemic challenges in the WTO. They face structural economic constraints and power-asymmetries that circumscribe their room for manoeuvre in international negotiations. Their limited economic weight often produces pessimism about their prospects for influencing the multilateral trading system », soulignent les experts. À noter qu’Assad Bhuglah a été associé à la rédaction d’un manuel sur les techniques de négociations commerciales pour les petits États. Ce projet était une initiative conjointe du Commonwealth Secretariat et de l’Université d’Oxford.
La petite taille des marchés des petits États constitue une contrainte majeure et ne leur permet pas d’influencer l’issue des négociations commerciales au plan multilatéral. Pour renforcer leur position, les petits États doivent conjuguer leurs efforts avec d’autres pays afin de constituer des groupes de pression. « In some cases, Small States rely on their larger and richer trading partners for information, analysis and assessment on their negotiating options », ajoutent les experts. Cependant, fait-on ressortir, les conseils provenant des pays développés ne reflètent pas toujours les besoins des petits États.
Il est estimé que la prochaine conférence ministérielle de l’OMC offre aux petits États une occasion exceptionnelle de relever les problèmes systémiques au niveau du commerce international. Mais aucune action concrète pour résoudre leurs problèmes et amener une meilleure intégration des petites économies au système multilatéral ne pourra être envisagée tant que les négociations du Doha Round ne seront pas complétées, reconnaît-on.