Que de mieux en réponse aux situations désastreuses de notre pays, corruption, scandales, fléaux sociaux, difficulté économique, mauvaise gestion de nos ressources, manque de cohérence pour la MID, et dérives autocratiques qu’un… remake. On serait tenté de pousser un ouf de soulagement face à ces courageux patriotes qui délaisseraient même fauteuil présidentiel et tapis rouge pour des inconfortables ‘kes savon’, mais voilà, le remake se fera avec les mêmes protagonistes de 2000… Imaginez les Youri Djorkaeff, Zinedine Zidane, Laurent Blanc, David Trezeguet, Didier Deschamps, Franck Leboeuf, Thierry Henry, Fabien Barthez débarquant dans l’équipe de France en 2012 pour un remake de la Coupe du Monde de 1998, cette dernière étant à la ramasse. Même les plus nostalgiques diront, à mon avis, que c’est franchement ridicule. Je dirai même, franchement ridicule.
Que signifie réellement ce remake de 2000 ? Que notre république est en panne de compétence et d’engagement ? Que nous ne pouvons être créatifs pour proposer autre chose qu’une formule vieille de 12 ans ? Que nous avons peur de l’avenir et préférons pour cela nous tourner vers le passé ? Que nos politiques ne font rien dans leur rang pour assurer le renouvellement du leadership ? Que certains ont des acquis personnels tellement importants pour s’accrocher au pouvoir même étant proches du casse-pipes ? Que, que, que …
Il est temps d’arrêter de prendre les citoyens pour des idiots surtout. De quel remake parle-t-on ? Depuis 1982, soit 30 ans de cela, les valses n’arrêtent pas ; notre parlement en a vu de toutes les couleurs. Rouge, bleu, mauve, orange, vert, presque toutes les combinaisons ont été essayées et aujourd’hui pour changer, on nous propose du périmé. Si nous en sommes là aujourd’hui et que notre classe politique peine à se renouveler, la faute en revient à ces leaders autocratiques qui occupent la chefferie. Soit par des faits historiques, soit par consanguinité déclarée, en aucun cas par processus démocratique.
Il est plus que temps que ceux qui prétendent vraiment aider le pays pensent à le doter de moyens pour rendre son développement durable de tout point de vue. Nous parlons dans ce cas précis de politique. Ainsi, que les chefs de file politique réfléchissent à comment faire de leur vision une oeuvre pérenne, tout en acceptant le fait qu’elle puisse ne pas faire l’unanimité. C’est aussi cela la démocratie. Qu’ils songent au fait que l’appauvrissement du débat politique leur incombe en premier, puisqu’ils n’ont pas su créer des plateformes populaires pour que la chose politique (dans le vrai sens du terme) soit affaire publique. Ils en ont eu, tous, l’opportunité. Aujourd’hui de par leurs agissements la politique est perçue comme étant ‘malang’.
Que se passera-t-il après quand nos vétérans seront ensevelis et pleurés ? On se raccrochera à un patronyme en pensant que ce dernier ou cette dernière incarnera automatiquement les valeurs de l’ancêtre ? C’est pour cela qu’une marche pour une nouvelle république est importante. Elle est importante parce que la conjoncture actuelle est fertile pour un vrai débat politique, comme cela a été le cas avant les années 80 ; c’est ainsi que nous irons vers un renouvellement, pas en dépoussiérant les blousons de cuir, les bérets ou les foulards. Les évènements de ces dernières années ont vu des citoyens résolus et ouverts au débat politique. Une marche ne changera pas la Constitution, certes, mais elle s’inscrit dans ce désir populaire de faire avancer les choses. Elle permettra à tout un chacun de s’unir le temps d’une démonstration pour que le vox populi s’exprime. Et pour ceux et celles qui estiment important pour notre république que la démocratie respire, on sera ensemble à Bell-Village ce samedi 10 mars à 13h à faire ces premiers pas pour un renouveau.