Déplorant le retard enregistré pour l’implémentation des recommandations du rapport du National Renumeration Board (NRB) pour les employés des compagnies d’autobus, les délégués syndicaux notamment l’Union of Bus Industry Workers (UBIW) et la Platform Travayer Transpor (PTT) Corporation Nationale de Transport (CNT) se penchent actuellement, chacun de leur côté, sur la « marche à suivre ». Si le premier nommé a annoncé la tenue d’une manifestation, ce jeudi dans la capitale, la PTT CNT réunira ses délégués le même jour pour définir son plan d’action. Bien que la mise en application du rapport revienne au ministère du travail, Shakeel Mohamed affirme que « les observations du ministère ont été envoyées au NRB le 7 mai ».
« Notre patience a des limites », affirment des employés du transport, membres de l’UBIW. Alors que Shakeel Mohamed, le ministre du Travail, leur avait promis la révision de leurs conditions salariales par le biais des recommandations du National Remuneration Board (NRB), ils affirment « toujours attendre ». En vue d’attirer l’attention du ministère sur leur situation, ils envisagent une manifestation ce jeudi à Port-Louis. Même son de cloche du côté de la PTT CNT. Alors qu’une assemblée générale avait été annoncée, les délégués syndicaux, rencontrant de nombreux problèmes, ont dû reporter cet exercice qui, selon eux, aurait été décisif quant à la position des employés. Ils se rencontreront jeudi au siège de la Confédération des Travailleurs du Secteur Privé (CTSP) à Rose-Hill pour décider de la marche à suivre. Les deux organismes syndicaux soulignent l’urgence d’une révision des conditions salariales dans ce secteur. « Si li trouv kondision dan lekel nou travay, kapab lerla li pou konpran nou koler ek nou frustration », lance l’UBIW. Tenant un point de presse hier, l’UBIW est revenue sur l’accord entre le ministre du Travail et les représentants syndicaux l’année dernière après la grève générale au sein de la CNT. Ses têtes pensantes, notamment Wahkil Lalloo et Imzad Beehary, respectivement négociateur et président de l’UBIW, estiment que « le temps est à l’action » et fustigent principalement l’absence de réaction du ministre du Travail à leurs correspondances. « Une première lettre a été transmise au ministre le mois dernier. Le syndicat y avait réclamé une rencontre avec Shakeel Mohamed afin de faire le point sur la situation mais celle-ci est restée lettre morte », raconte Imzad Beehary. « Nous n’avons reçu aucune réponse. C’est inadmissible qu’un ministre refuse de rencontrer les délégués syndicaux. Cette attitude confirme ki li ene zom patron », a avancé pour sa part, Wahkil Lalloo.
Le ministère se défend
Du côté du ministère, c’est un autre son de cloche. Interrogé au téléphone ce matin, Shakeel Mohamed explique que les « observations » du ministère ont été envoyées au NRB le 7 mai. Bien que la responsabilité de la mise en oeuvre du rapport revienne à son ministère, Shakeel Mohamed estime que l’étude des propositions du NRB « ne peut être prise à la légère ». Le NRB préconise une hausse entre 19 et 30 % dans ce secteur, ce qui, selon M. Mohamed, équivaut à un coût annuel de Rs 440 M. « Il est de mon devoir de m’assurer que l’implémentation du rapport du NRB n’aura pas un effet néfaste sur le secteur. Avec mes officiers nous avons analysé les chiffres et pris en considération tous les éléments. Je suis responsable de la protection du travail et non pas de la mort de l’industrie du transport. Chaque élément du rapport a un coût. Les travailleurs du transport ont, dans un premier temps, bénéficié d’une hausse de 19 % l’année dernière ».
Le ministère du Travail déclare que l’implémentation du rapport prendra en considération l’avis des responsables des compagnies d’autobus, des syndicats ainsi que celui de la National Transport Authority (NTA) et du ministère du Transport.
Mais l’argument avancé par le ministère ne convainc pas. Bien qu’il soit d’avis que les recommandations du NRB « auront un coût », Reeaz Chuttoo, négociateur pour la PTT CNT, rétorque que la révision des conditions salariales « est long overdue » aux employés de ce secteur. « Pena lot chemin. Minister pou bizin fer konsesion », dit-il.
Les employés du transport annoncent une mobilisation jeudi dans les rues de la capitale. Ceux affiliés à la UBIW se donnent rendez-vous à 10 h 30 au siège de l’UBIW au Pont Ruisseau des Créoles. Lors d’un point de presse hier, les leaders de l’UBIW ont présenté l’itinéraire de la manifestation qui sera comme suit : John Kennedy — Places d’Armes — La Chaussée, où plusieurs temps d’arrêt sont prévus, notamment devant le Parlement et le bureau du Premier ministre. La protestation s’achèvera devant le ministère du Travail, à la Victoria House où les représentants syndicaux remettront une lettre au ministre.
Au ministère, l’on affirme que tout est désormais dans les mains du NRB.