“J’ai toujours dit que la situation catastrophique de la Compagnie Nationale du Transport (CNT) est due aux conséquences directement liées à l’ingérence politique et maldonnes à outrance depuis 2005, d’ailleurs cautionnées par le ministère des Infrastructures publiques”: tels sont les propos tenus par Pravind Jugnauth lors de sa conférence de presse, hier matin, au Sun Trust. S’appuyant sur le rapport du General Manager (GM), Robin Soonarane, Pravind Jugnauth a relevé de nombreuses “magouilles” et sans de l’accident fatal de Sorèze, dit-il, les choses seraient demeurées les mêmes. Réclamant la démission du ministre responsable, Anil Bachoo, le leader du MSM, demande par ailleurs une Commission d’enquête sur la CNT.
Rappelant que le rapport dont il fait état a été soumis au board de la CNT ainsi qu’au ministre Bachoo, Pravind Jugnauth se dit révolté par l’attitude de ce dernier mais aussi par ses réponses au Parlement qui laisse entendre qu’il est en possession d’un autre document. “Si tel est le cas, qu’il le dépose à l’Assemblée Générale ou, mieux encore, qu’il le rende public!”, s’exclame-t-il. Le rapport de Robin Soonarane est, soutient-il, “damning pour le gouvernement et le ministère des Infrastructures Publiques.”
S’agissant sur l’achat de 100 bus, il rappelle que l’appel d’offres a été lancé en 2005 sous l’alliance MSM/MMM mais qu’avec l’alternance du gouvernement, le ministère des Infrastructures publiques n’est pas allé de l’avant, ce qui serait contraire à la loi. D’où ses questions adressées au ministre Bachoo: “Pourquoi l’appel d’offres a-t-il été abandonné? Et pourquoi a-t-il été bloqué?” “Arret enn process kine fini arriv finalité pour relance enn appel d’offres pour enkor 100 bis. Li clair kine ena ingerence au nivo CNT”, martèle-t-il. Le 15 décembre 2005, lors d’un nouvel appel d’offres, seuls deux soumissionnaires y répondent: Associated Commercial Company Ltd (ACC) et Ashok Leyland Ltd. Et lors de l’evaluation bid, le 24 mars 2006, ACC laisse entendre à la CNT qu’il compte apporter certains changements majeurs de nature structurelle à ses propositions initiales. “Du jamais vu!”, s’exclame le leader orange. Et de poursuivre: “J’ai les preuves de ce que j’avance.”  Le 6 juillet 2006, la CNT envoie sa letter of intent alors que le ministère des Infrastructures publiques informe la compagnie qu’il prend note des changements. Et enfin, le 3 août, une letter of award est adressée à ACC. Les “déviations”, souligne Pravind Jugnauth, concernent (1) la structure métallique, (2) les roues, (3) l’axe, (4) la barre de direction, et (5) la transmission automatique. “Les bumper avant et arrière au lieu d’être en aluminium ont été remplacés par du fibre reinforced plastic (matière hautement inflammable). Le wheel base, au lieu d’être 5900 mm pour 16.2 tonnes, a été remplacé par du wheel base de  6200 mm pour 16 tonnes. Et au lieu d’une transmission automatique de Alison T280, celle de Alison T270 a été proposée. Pire, au lieu d’un bus de 69 places, un bus de 66 places a été proposé. Le Head Engineering a émis des craintes quant à ces déviations, le 18 août 2006. Il a fait part des cours de formations et suivis qui devront être entrepris pour que ces véhicules puissent être mis sur nos routes. Ses arguments n’ont pas eu l’effet escompté. Tout cela pour dire à quel point il y a eu ingérence”, explique Pravind Jugnauth. Et de préciser que ladite compagnie se serait assurée du voyage tous frais payés d’une délégation en Inde. Après acquisition de la flotte de véhicules, dès 2007, des “défauts” graves ont été relevés notamment au niveau des freins, fuite d’huile, aucune référence de la marque et du modèle sur le moteur, et consommation de plus de Rs 2,3 millions de diesel par mois sans compter que le fournisseur est incapable de fournir des pièces de rechange.
Idem, dit-il, pour les 20 bus proposés par Ashok Leyland qui a remplacé le mile black steel par du “fibre reinforced plastic” et surchauffe du radiateur, entre autres. Ce qui fait dire à Pravind Jugnauth que l’acquisition des véhicules a été faite “de manière scandaleuse due à l’ingérence all along des Infrastructures Publiques.” Et de poursuivre: “Cauchemar pou travayers CNT ek piblik en general.”
Citant un extrait des propos de l’auteur: “CNT could not have made a worst deal that he did with the acquisition of those buses”, le leader du MSM estime que “si le ministre Bachoo avait un peu d’amour propre, il devrait démissionner.” Et réclame, dans la foulée, une Commission d’enquête car, selon lui, “nu pe assize lor enn bom ek bizin cone ki mesure corrective MPI ek Bachoo pe pran.”
Autre volet de sa conférence de presse: le Criminal Appeal Act. Le leader du MSM souligne que le gouvernement a tendance de mettre “befs avan sarettes.” Car il aurait fallu d’abord s’assurer de la manière dont les policiers attrapent leurs coupables. Il propose un Criminal Cases Review Commission.
Au chapitre du VarmaGate, le leader du MSM estime “grave” que l’ex-Attorney General n’a toujours pas consigné sa déposition et que ni celle de Rashid Beebejaun ou celle de Subash Gobine n’aient été enregistrées. “Pas truv étonnant si Mario Jeannot vine accusé!”, prévient-il.