Des descendants d’esclaves réunis par les Verts Fraternels ont manifesté hier matin dans les rues de Port-Louis pour relancer la « Campagne pou reparasion ». Deux lettres relatant l’historique de la colonisation à Maurice et faisant état de leurs griefs ont été déposées à l’Ambassade de France et au Haut commissariat britannique. Les VF demandent l’ouverture des discussions pour une éventuelle compensation aux descendants d’esclaves.
Ils étaient une centaine de femmes, d’hommes et d’enfants à manifester hier matin dans les rues de la capitale. Arborant la couleur des Verts Fraternels, ils ont réclamé leur droit à une compensation en tant que descendants d’esclaves. Deux lettres ont été déposées, la première à l’Ambassade de France et la deuxième au Haut Commissariat britannique, pour réclamer l’ouverture de discussions. Les VF envisagent également d’envoyer une lettre au PM britannique David Cameron et une autre au président français François Hollande. « Cette démarche est logique car les esclaves qui ont participé au développement de Maurice se sont pliés aux exigences des représentants de ces deux pays », explique Sylvio Michel, leader des Verts Fraternels. Ces deux correspondances seront accompagnées d’une copie du rapport de la Commission Justice et Vérité et du Memorandum soumis par les VF à cette instance. Ne faisant plus confiance au gouvernement mauricien, les VF « n’ont d’autre recours que de se tourner vers les gouvernements français et britannique », soutient M. Michel, qui rappelle que François Hollande a annoncé qu’il envisage de considérer la question de réparation. D’ailleurs, sur les pancartes brandies hier, on pouvait lire : « Bravo La France d’aborder la question de réparation », « Apre finn depans Rs 60 M, rapport Truth and Justice Commission ankor pe dormi dan tirwar » ou encore « Mem gouvernman franse bizin dedomaz bann viktim esklav ». Les Verts Fraternels envisagent d’autres actions pour faire part de leurs revendications, dont sur le plan judiciaire.