Le Front Commun Syndical, qui regroupe sept fédérations syndicales sous l’égide de la Conféderation Syndicale de Gauche–Solidarité (CSG-Solidarité), réclame une compensation salariale de Rs 1 000 pour ceux touchant moins de Rs 5 660 par mois, tant dans le secteur privé que public. Les représentants de cette plateforme ont discuté de ces propositions ce matin à la salle Rabita, Port-Louis. Par ailleurs, un barème gradué sera proposé au ministre des Finances.
Ashok Subron avance plusieurs raisons pour justifier le montant de la compensation réclamé en deux volets. D’abord, par rapport à au taux d’inflation qui tournera autour de 3,7 % (Rs 500 pour ceux qui touchent moins de Rs 5 660 par mois) et ensuite, une compensation additionnelle de Rs 500 à ces employés parce que leurs salaires sont en dessous du seuil minimal de Rs 13 300. (Voir le barème proposé plus loin). Il estime que tout gouvernement qui a un agenda en faveur de la justice économique et sociale devrait considérer ces propositions qui émanent de l’ensemble du mouvement syndical.
Selon Ashok Subron, les fonctionnaires également devraient bénéficier de cette compensation salariale en raison de la hausse du coût de la vie. « Le gouvernement ne peut leur nier unilatéralement ce droit car environ 21 % des fonctionnaires gagnent moins de Rs 13 330 mensuellement », fait-il ressortir. Et des se demander : « Comment le gouvernement va-t-il justifier le besoin d’accorder une compensation salariale à un employé du secteur privé qui touche Rs 30 000 par mois et nier ce même droit à un employé du secteur public qui touche moins de Rs 13 300 par mois ? »
Ashok Subron explique que l’estimation du salaire minimal à Rs 13 300 est basée sur plusieurs indicateurs, dont une étude du Bureau central des statistiques (BCS) sur le seuil de pauvreté et le plafond pour la contribution des employeurs au Plan National de Pension dans le secteur privé qui est de Rs 13 470 et celui de l’Income Tax, de Rs 20,769. De plus, le BCS a établi les revenus moyens d’un income earner par foyer à Rs 14 680. Le nombre de personnes vivant en dessous du seuil de pauvreté est en hausse, poursuit-il. Il est passé, selon lui, de 8,5 % en 2006/07 à 9,8 % en 2012, soit de104 200 à 122 400. Il dit constater avec inquiétude qu’environ 54 500 foyers ont dépensé plus de 50 % de leurs revenus dans l’alimentation en 2012. Il indique aussi qu’environ 223 000 employés du secteur privé touchent moins de Rs 13 300 par mois. Ce qui équivaut à 71 % d’employés dans le secteur public. « Le nombre d’employés touchant moins de Rs 5 660 est de 71 500. Ce qui représente 20 % du total des employés dans le secteur privé. C’est inacceptable », fait-il ressortir.
Le syndicaliste affirme que le paiement d’une compensation salariale en raison de la hausse du coût de la vie est une obligation sociale, économique et légale. Ce Front Commun Syndical regroupe les fédérations suivantes : Confédération Syndicale de Gauche-Solidarité (CSG-Solidarité), Confederation of Independent Trade Unions (CITU), National Trade Union Confederation (NTUC), Confederation of Free Trade Unions (CFTU), Mauritius Trade Union Confederation (MTUC), Mauritius Labour Congress (MLC) et la Fédération des Syndicats du Service Public (FSSP).