En marge de la compensation salariale payable à partir de janvier 2014, le vice-Premier ministre et ministre des Finances, Xavier-Luc Duval, a donné cette semaine le coup d’envoi des négociations tripartites avant qu’un “sub committee” ne prenne par la suite le relais. L’une des premières retombées : les syndicats réclament avec force que les fonctionnaires aient également droit à une compensation salariale.
En principe, suite à la mise à exécution des recommandations de l’Errors and Anomalies Commission de Dev Manraj, les fonctionnaires et employés des corps para-étatiques ne peuvent prétendre à une compensation salariale en janvier prochain. Mais dès les premiers échanges du comité technique, les centrales syndicales ont été unanimes à réclamer que les employés de la fonction publique soient éligibles à une compensation à compter de janvier 2014. “La compensation salariale doit être payée à l’intégralité des travailleurs. On ne peut justifier le paiement d’une compensation salariale à un employé du privé touchant Rs 30 000 tout en niant celui d’un general worker de la fonction publique obtenant Rs 8 500. C’est non seulement aberrant et absurde, mais c’est surtout injuste”, déclarent les syndicalistes de la CSG-Solidarité.
D’autre part, le comité technique ne sera pas éligible à établir le quantum de la compensation salariale. Les syndicalistes ont été fermes sur le fait que ce “sub-committee” a comme attribution de fixer uniquement les paramètres techniques en vue de d’établir un taux. Ainsi, le comité devra transmettre ses observations quant à ses paramètres techniques au vice-Premier ministre et ministre des Finances, Xavier-Luc Duval, avant que ce dernier n’engage les négociations concernant le taux de compensation avec les autres acteurs. Les travaux au niveau du comité technique reprennent vendredi.
Par ailleurs, les centrales syndicales ont d’ores et déjà exprimé leur position quant au montant de la compensation salariale qui sera accordée aux travailleurs. “Les six centrales syndicales ont fait bloc autour de la CSG-Solidarité cette année. Étant donné que confirmation a été obtenue à l’effet que l’inégalité sociale est à son plus mauvais niveau depuis ces 20 dernières années, les travailleurs touchant moins de Rs 13 330 doivent obtenir une compensation située entre Rs 1 000 et Rs 600. Pour ceux touchant plus de Rs 13 330, une compensation uniforme de Rs 500 est réclamée”, poursuivent les syndicalistes. Dans ce contexte, ils ont adressé une série de questions au comité technique.
Situation difficle
De son côté, dans des déclarations à la presse, Pradeep Dursun, directeur exécutif de la Mauritius Employers Federation, estime que dans le cadre des travaux pour établir le quantum de la prochaine compensation salariale, on ne doit pas occulter la situation difficile dans laquelle se trouvent les entreprises vu la conjoncture économique contraignante et surtout la situation de l’emploi. “Le taux de chômage est déjà élevé et pour la fédération patronale, le salut passe par la création d’emploi. Le vice-Premier ministre et ministre des Finances a fait lors de l’ouverture des tripartites un survol de la situation économique du pays, une présentation qui, selon nous, reflète la réalité car il faut se dire qu’on n’est pas encore sortis de l’auberge”, a fait comprendre Pradeep Dursun. Le directeur exécutif de la MEF a soutenu que le patronat est d’accord avec le principe de payer un montant minimum mais précise que la fixation du quantum doit tenir compte de certains éléments au préalable.