Le front commun syndical, réuni autour de la Confédération Syndicale de Gauche-Solidarité, préfère jouer les prolongations à la table des négociations tripartites sur la compensation salariale payable à partir du 1er janvier prochain. Le président de la Fédération des Syndicats du Secteur Public (FSSP), Rashid Imrith, agissant en tant que porte-parole du front commun, a annoncé la tenue d’une assemblée générale spéciale des délégués syndicaux, jeudi à Port-Louis, en vue de déterminer le quantum de la compensation à être présenté au nom des syndicats lors d’une prochaine réunion plénière dont la date n’a pas été encore fixée.
Dans un premier temps, les syndicalistes se félicitent du succès de leur démarche visant à interdire au comité technique de faire des propositions pour la compensation salariale au vice-Premier ministre et ministre des Finances, Xavier-Luc Duval. Cette plateforme a été utilisée par les syndicalistes pour obtenir des informations cruciales sur la question des salaires pratiqués jusqu’ici ou encore l’évolution du coût du panier de la ménagère au cours de ces dix dernières années.
Ainsi, à partir des résultats du dernier exercice de Statistics Mauritius sur les salaires et les dépenses, le chiffre de Rs 13 300 a été arrêté au titre de l’average household monthly consumption. Des quelque 72 000 fonctionnaires en poste, 18 750 touchent des salaires de moins de Rs 13 300 par mois. La situation est encore plus accablante dans le privé où huit employés sur dix et enregistrés auprès du National Savings Fund (223 000 sur les 275 000) perçoivent des salaires mensuels de moins de Rs 13 300, alors qu’un sur quatre se retrouve avec moins de Rs 5 600 par mois.
Du côté des dépenses, les données fournies par le gouvernement à la demande des syndicats confirment que le coût du panier de la ménagère a plus que doublé au cours de ces dix dernières années, passant de Rs 12 190 en 2003 à Rs 24 815 cette année. Cette évolution confirme qu’il y a un effort de rattrapage à faire pour compenser la perte du pouvoir d’achat des salariés.
Sur la base de ces développements, les syndicats favorisent un principal cheval de bataille, soit l’adoption d’une politique de salaire minimal national. Cette revendication sera structurée lors des délibérations de l’assemblée syndicale de jeudi prochain en prélude à la séance plénière des tripartites avec des propositions fermes entérinées. Les syndicalistes seront également invités à adopter une résolution « for a decent salary compensation to be granted to every worker, irrespective of being a private sector employee or a public sector employee following rise in CPI. »
Les échanges entre partenaires sociaux risquent de prendre une nouvelle tournure plus animée très bientôt.