Quelque 130 000 salariés bénéficieront d’une compensation supérieure au taux d’inflation alors que 150 000 obtiendront une compensation équivalent au taux d’inflation, a déclaré le VPM et ministre des Finances, Xavier-Luc Duval, lors d’un point de presse qui a suivi la réunion tripartite concernant la compensation salariale pour l’année 2014.
Le ministre des Finances, qui quitte le pays ce soir pour la réunion annuelle de la Banque mondiale et du FMI, est revenu sur le barème de compensation qui a été accepté par le secteur privé et approuvé par le gouvernement. Il a rappelé que les compensations varieront entre Rs 300 et Rs 740. Une compensation de Rs 300 sera accordée à tous ceux touchant jusqu’à Rs 8 100 alors qu’un taux de compensation de 3,7 % sera payé à ceux touchant entre Rs 8 101 et Rs 20 000. Aucune compensation n’est prévue pour ceux touchant au-dessus de Rs 20 000.
Xavier-Luc Duval s’est réjoui que les négociations se soient déroulées dans une ambiance de civilité et de transparence. Il a expliqué que la demande concernant l’inclusion du secteur public dans la compensation salariale n’a pas été acceptée. « Le conseil des ministres avait décidé qu’il n’y aurait pas de compensation salariale en 2013 et 2014 si l’inflation s’élevait à moins de 5 %. Le Premier ministre l’avait lui-même annoncé lors d’une conférence de presse », affirme Xavier-Luc Duval. Or selon les prévisions de Statistics Mauritius, le taux d’inflation pour les 12 mois au 30 septembre est de 3,5 % et l’inflation ne dépassera pas 3,7 % en 2013. L’année dernière, le bureau des statistiques avait prévu une inflation de l’ordre de 4,3 % pour l’année 2012. Elle s’est élevée à 3,9 % pour l’année calendaire 2012.
Le ministre des Finances a rappelé que le rapport du PRB a été payé en totalité en 2013 et que le rapport de Dev Manraj a été accepté avec quelques modifications. Ces deux rapports ont coûté plus de Rs 6 milliards au gouvernement. « C’est une grosse augmentation pour la masse salariale gouvernementale accordée dans un contexte de crise économique mondiale où la situation est encore très fragile », affirme Xavier-Luc Duval. Il rappelle qu’une partie du rapport Manraj n’a pas encore été payée. Les fonctionnaires obtiendront une compensation de Rs 290 en janvier en plus du fait qu’un “increment” d’un minimum de Rs 225 sera accordé plus tard. Le prochain rapport PRB sera publié en octobre 2015, dit le VPM.
Le ministre des Finances a rejeté les critiques formulées contre le taux d’inflation. Il a expliqué que les calculs sont effectués de manière scientifique par le Bureau des statistiques depuis des années et reposent sur un “household budget survey” réalisé en 2012.
Il a, d’autre part, précisé que le niveau de “poverty line” estimé à Rs 13 300 concerne une famille de deux adultes et deux enfants.
Le ministre des Finances a observé qu’il y a des pressions énormes sur les finances publiques cette année. Le gouvernement n’a pas la capacité de payer plus « même si nous avons la volonté ».
« Nous proposons un niveau de revenu minimal, laissant les entreprises qui le peuvent payer plus ». Il a observé que selon la formule proposée par le gouvernement, 130 000 salariés seront en mesure de toucher une compensation supérieure au taux d’inflation alors que 150 000 employés se trouvent dans la fourchette variant entre Rs 8 100 et Rs 20 000. Ainsi, 280 000 salariés sur 330 000 bénéficieront d’une compensation supérieure à l’inflation, soit au niveau de celle-ci.
Le ministre des Finances a observé que le gouvernement a toujours une compensation minimale supérieure à l’inflation pour ceux se trouvant au bas de l’échelle salariale. Une personne qui touchait Rs 4 000 en décembre 2011 a obtenu durant ces deux ans une augmentation de Rs 900, dit-il.
Le VPM a finalement observé que le comité technique n’a pas été mandaté pour calculer un salaire minimum pour toute l’économie mauricienne. Il reviendra au National Tripartite Forum de se pencher sur cette question.
Xavier-Luc Duval a annoncé que le ministre du Travail Shakeel Mohamed a référé au NRB quatorze secteurs dans lesquels les salariés touchent toujours moins de Rs 6500.
Le montant de la compensation salariale a été accueilli avec surprise par le secteur privé. Vincent d’Arifat, président de la MEF, s’interroge sur la formule utilisée pour calculer cette compensation. Il s’est prononcé pour la création d’une formule de référence qui donnerait plus de prévisibilité à la compensation. M. d’Arifat a exprimé des craintes quant à la capacité de certaines entreprises de payer une compensation et craint qu’il n’y ait des licenciements. Il estime que le taux de compensation s’élève à trois fois le taux recommandé par le secteur privé. Le paiement de ces compensations coûtera quelque Rs 2 milliards au secteur privé, dit-il.