Le 11 mai, une trentaine d’équipes du secondaire (Form IV et Lower VI) avaient répondu présentes à l’appel du Rajiv Gandhi Science Centre (RGSC) de Bell-Village et de la Société aéronautique de Maurice(AeSM) pour la finale de la compétition d’aéromodélisme au Stade Maryse Justin, à Réduit. Un moment de fête pour ces jeunes, dont la plupart sont des élèves en physique, de faire montre de leur talent dans le cadre de la mise en pratique de cette branche de la physique. Une expérience « fun » vécue dans un esprit d’équipe.
En ce matin hivernal, le vent et la pluie étaient au rendez-vous au stade Maryse Justine. Un temps qu’ont bravé organisateurs et participants pour faire de cette journée un succès. À leur arrivée au stade, après l’enregistrement, les équipes devaient faire peser leur modèle et mesurer l’envergure des ailes pour s’assurer qu’ils respectaient les critères établis. Ensuite, à tour de rôle, elles étaient invitées à le lancer. Quatre essais au total par équipe pour s’assurer que chacun a une chance équitable, affirme le président du jury, Richard Twomey, également président fondateur de l’AeSM.
Pour Gyaneeta Luchmunparsad, élève en Lower VI au collège Lorette de Quatre-Bornes, mais dont l’équipe ne faisait pas partie des finalistes, « cette compétition était l’occasion de mieux comprendre l’aérodynamisme, une discipline qu’on ne pratique pas à l’école ». Notre jeune interlocutrice affirme : « Les avions en général et leur construction me passionnent. » À l’annonce de la compétition, elle a convaincu ses amies, dont Shabneez Tegelly, d’y participer. Pour cette dernière, c’était l’occasion de faire des expériences concrètes, notamment en sciences, en dehors des salles de classe. « J’ai toujours voulu participer à une compétition pour mettre en oeuvre ce qu’on apprend en théorie », fait-elle ressortir au Mauricien. En plus de l’encadrement de son professeur, ses amies et elle ont fait appel à leurs proches pour les aider dans la construction de leur modèle. « Une des filles de l’équipe était venue à la maison. Et avec mon père, Salim, et mon cousin, nous avons travaillé sur le modèle », soutient notre interlocutrice, qui habite Highlands. Cependant, leur équipe, comme les autres, ont fait plusieurs essais avec des matériaux différents (depron, balsawood ou plastique) avant de se rendre à la compétition.
« Nous avons construit six modèles avant de nous arrêter à celui-ci », fait ressortir Mohini Beenund, élève en Lower VI au collège Maurice Curé. Notre interlocutrice souligne qu’il aura été difficile de trouver certains matériaux pour construire leur modèle qui, finalement, a été conçu en plastique et en depron. Un problème qu’ont rapidement su contourner les jeunes du collège Emmanuel Anquetil : « Nous avons utilisé des “take-away” », affirme Sailesh Ramlackhun. « C’est du depron, un genre de polystyrène », précise-t-il, en soulignant que le RGSC fournissait le balsawood à ceux qui en avaient besoin pour leurs modèles. Ces jeunes ont aussi utilisé des pailles en plastique. Leur participation à cette compétition leur a permis de travailler en équipe et de faire des recherches sérieuses, mais dans un esprit ludique.
C’est un peu ce qui a fait la réussite de ce festival. La professeure de physique de la Sodnac SSS (Girls), Farah Ameerally, affirme : « C’est découvrir le côté “fun” de la physique. En même temps, on a l’occasion de rencontrer les professionnels de l’aéronautique. C’est une ouverture intéressante pour les jeunes. » Pour Alissa Berset, élève en Lower VI à la Sodnac SSS (Girls), « cela demandait beaucoup de travail et de patience, mais c’était très intéressant », ajoutant : « Nous avons eu le soutien de notre professeure. » Les laborantins des collèges étaient aussi de la partie. Jessen Moothoosawmy, du même collège, a accompagné l’équipe au stade Maryse Justin le jour de la finale. Il était aux petits soins. Quelques soucis avec le modèle ? « Oui, il a fallu recoller un morceau qui s’était cassé », fait ressortir Mme Ameerally. Après l’avoir fait peser, Jessen Moothoosawmy a dû enlever quelques couches de tresse adhésive car les modèles devaient peser entre 40 et 140 g tandis que l’envergure des ailes ne devait pas dépasser 80 cm.
S’ils étaient nombreux à répondre présents pour « apprendre en jouant », tout en souhaitant bien sûr gagner, comme le disait Sailesh Ramlackhun, « on est là pour le fun ! » Le “fun”, c’est bien, « mais gagner, c’est mieux ! » C’est en tout cas ce que pensaient certains, qui se sont inscrits avec la seule intention de remporter la compétition. « Au départ, on ne voulait pas vraiment y participer. C’est notre professeur qui nous a poussés à le faire. On ne voulait pas perdre du temps », soutient pour sa part Rayanrao Kaniah, élève en Lower VI au collège Sookdeo Bissoondoyal SSS. À mesure que ses amis – Yugul Luchmun, Zubair Khodabaccus, Rakotomahavo Andriamalala – et lui-même avancaient dans leurs recherches, « cela devenait passionnant ». Toutefois, l’objectif était maintenu : « Il faut gagner. Sinon, ce serait une perte de temps », affirme au Mauricien Kaniah pendant la finale. À l’annonce des résultats, c’est avec une grande fierté que notre interlocuteur soutient : « Nous sommes tous heureux. C’est le fruit de notre travail. » Quant aux autres participants, ils sont malgré tout ravis d’avoir été de la partie. Certains souhaitent d’ailleurs que cette édition soit renouvelée. L’occasion de revoir les difficultés techniques rencontrées.