Dans un jugement rendu ce matin en Cour criminelle intermédiaire, les magistrates ont rayé les charges qui pesaient contre le notaire Vinay Deelchand, Moonsamy Mooraghen et l’ancien commissaire de police, Jayeshwar Raj Dayal, accusés tous trois de complot afin que l’héroïne soit placée chez Satish Chandra Nundlall. « The Court accordingly grants the benefit of doubt to accused VD (Vinay Deelchand) & MM under Count 1 and JRD as regard Count 2 and hence dismisses the charges against them. »
Selon le premier chef d’accusation, c’est en 1994, dans les locaux de Best Land Promoters, immeuble Bussawon, Port-Louis, que les deux accusés VD et MM sont tombés d’accord pour faire en sorte que Satish Chandra Nundlall soit mêlé à une affaire de drogue. Le deuxième chef d’accusation évoque le fait qu’au quartier général de la SMF, à Vacoas, VD et JRD ont comploté en vue de nuire à Satish Nundlall, un ancien partenaire d’affaires des accusés Nos 1 et 2, en dissimulant de la drogue chez lui. Les trois accusés ont plaidé non-coupables. Les deux premiers étaient défendus par Me Jacques Panglose, alors que la défense du troisième était assurée par Me Sanjeev Teeluckdharry, assisté de Me Avinash Dayal (fils de l’accusé). La poursuite était représentée par Me Muneesamy, assisté de Me Seebaluck.
Le témoin à charge, Antoine Chetty, l’ancien bras droit du notaire, avait été arrêté par la police pour trafic de drogue en 2004, rappellent les magistrates. Il a avoué sa culpabilité et s’est présenté comme un repenti des actes criminels qu’il a commis. Il a nié avoir conclu un pacte avec la police afin que sa partenaire soit libérée. Mais il a concédé que certains officiers de police ont offert des sucreries à sa fille ainsi qu’une bicyclette.
Par la suite, il a révélé qu’il avait assisté à une réunion à laquelle étaient présents les trois inculpés. Au cours de cette supposée réunion, qui se serait tenue le 11 octobre 2004 au quartier général de la SMF, il a relaté, avec force détails, comment, à la suite du complot, il s’est mis à trouver une personne pour placer de la drogue chez Satish Nundlall.
Toutefois, disent les magistrates, la Cour « is not convinced with Witness Chetty’s expressions of righteousness to explain the reasons of his testimony all the more so since he lived very serenely from 1994 till the time of his arrest for a drug selling offence in 2004 with the knowledge that he actively participated in a conspiracy to frame an innocent. » Elles se demandent si toute cette affaire aurait été dévoilée si Antoine Chetty n’avait pas été arrêté.