L’ONG MAUDESCO a démarré récemment une campagne visant à promouvoir l’agriculture biologique où les protagonistes utilisent les déchets ménagers pour fabriquer du compost qui leur sera utile dans la production de légumes dans leur arrière-cour. « Nous voulons atteindre un total de 10 000 familles à Maurice et un millier à Rodrigues », a déclaré Rajen Awotar, coordonnateur de cette ONG. Cette campagne cadre avec le programme de sécurité alimentaire et aussi avec la grande conférence internationale Rio + 20 au Brésil en juin.
Rajen Awotar et l’équipe de MAUDESCO étaient à Ripailles la semaine dernière où ils ont animé une causerie à l’intention des ménagères. Ils leur ont parlé des déchets ménagers qui peuvent être compostés mais qui, malheureusement, finissent au centre d’enfouissement de Mare-Chicose. Une démonstration de fabrication du compost a aussi été faite à cette occasion. Des semences ont aussi été distribuées à ces ménagères. Selon M. Awotar, l’idée principale de ce projet est de réduire d’environ 80 % les déchets ménagers en compost pour être utilisé dans l’agriculture biologique. Ce qui, ajoute-t-il, cadre avec le développement durable, permettant également à l’État d’économiser sur le transport de ces déchets vers le centre d’enfouissement. « Nou bizin konpran ousi ki nepli ena plas pou nou zet salte dan nou pei.»
En marge de la conférence de Rio +20, M. Awotar déclare que c’est la toute première fois qu’on a défini le développement durable. Celui-ci entend que l’on développe nos pays de manière à ne pas gaspiller toutes les ressources, ne pas polluer et ne pas détruire la biodiversité ; ainsi, on laissera une planète propre et vivable pour les générations futures. « Le développement durable repose sur trois éléments que sont l’économie, le social et l’environnement. Si un pays ne marie pas ces trois éléments dans son programme de développement il n’y aura pas de développement durable », soutient-il.
Cependant, la société civile à travers le monde, souligne notre interlocuteur, est déçue du sujet principal fondé sur la « green economy » qui sera discuté à la conférence Rio +20. « Nous estimons qu’une conférence pareille qui a lieu 20 ans après la première conférence aurait dû revoir complètement l’agenda 21 et évaluer ce qui a été mis en oeuvre ou pas. Nous devons parler aussi des succès et des échecs et quelles en sont les raisons », dit-il, en ajoutant qu’il y a tellement de promesses qui n’ont pas été tenues depuis 1992. L’une d’elles : les pays industrialisés auraient dû contribuer 0,7 % de leur Produit intérieur brut (PIB) au projet « Overseas Development Assistance ». Seuls quelques pays nordiques l’ont fait.
Pour la société civile, avance-t-il, la priorité actuelle est de trouver de l’eau potable, offrir l’éducation à sa population, éradiquer la pauvreté, construire des infrastructures, promouvoir l’agriculture durable, la santé et le logement, entre autres. Or, les grands pays vont parler de green economy lors de cette conférence. « Nous ne comprenons pas comment la green economy va satisfaire les besoins de base de ces populations dans les pays en développement », s’interroge-t-il.