Le Chartered Institute of Management Accountants (CIMA) se joint au American Institute of Certified Public Accountants (AICPA) pour créer l’appellation Chartered Global Management Accountant (CGMA), ce qui permet d’étendre le réseau des deux instituts. L’AICPA et le CIMA totalisent plus de 500 000 membres.
Le Chartered Institute of Management Accountants (CIMA) et le American Institute of Certified Public Accountants (AICPA) créent une nouvelle entité comptable : le CGMA (Chartered Global Management Accountant). Tous les détenteurs d’une accréditation Associate of the Chartered Management Accountant (ACMA) et du Fellow of the Chartered Management Accountant (FCMA) délivrés par le CIMA se voient crédités du titre CGMA. Jocelyn Viger, FCMA, CGMA, membre du conseil d’administration du CIMA pour la région africaine et directeur financier des Villas Valriche, explique les raisons de ce « move très américain ».
« CGMA, powered by AICPA and CIMA », peut-on lire à la présentation de cette nouvelle appellation. « “Powered” est un mot très américain dans l’esprit, dit M. Viger, mais qui souligne un repositionnement stratégique pour la AICPA ». En effet, « les comptables américains opéraient de manière très insulaire auparavant […] mais les temps changent et le comptable américain n’était chartered que dans son pays ». En s’alliant au CIMA anglais, le AICPA tente l’harmonisation de la pratique de comptabilité de gestion. Et d’ambitionner de « rapidement faire du CGMA une partie intégrante de la langue vernaculaire des affaires ».
La « force » de la nouvelle entité réside en le G de « global » car comme l’affirme Jocelyn Viger, le CGMA vient abattre certaines frontières. « Le CA (chartered accountant) sud-africain ne peut pas travailler en Australie. Il doit souvent recommencer sa formation. Idem pour le CA australien… Avec le CGMA, le comptable jouira d’une mobilité accrue et d’un réseau de professionnels important ». Le CIMA et le AICPA comptent à eux deux une expertise équivalente à plus de deux siècles et plus de 500 000 membres.
Par ailleurs, l’aspect pédagogique sera géré par le CIMA anglais. Aucun changement dans le syllabus et toujours « cette exigence à pousser les aptitudes comptables au-delà de l’analyse historique et de l’audit vers la stratégie du business ». M. Viger ajoute : « Le propre du management accountant est de prévoir, de proposer des projections… Nous ne faisons pas que regarder dans le rétroviseur. On devrait, à ce niveau, décrire le CGMA comme un financier plutôt qu’un comptable. »
Management Accountant
La compétition autour des formations comptables s’accroît à Maurice. L’ACCA s’est fait populaire. L’ACA (Chartered Accountant) est désormais proposé par Grant Thornton. Mais CIMA est moins visible. Or cette qualification, semble-t-il, n’empiéterait pas sur les plates-bandes des ACA ou ACCA. En effet, le CIMA, ou GCMA, se veut orienté vers le business. Le syllabus comprend trois niveaux – l’opérationnel, la gestion et la stratégie – développés sur trois axes : les finances, la performance et l’entreprise. Et finalement, une « work-based practical experience » où le candidat doit prouver avoir participé aux décisions stratégiques de son employeur et un « case study » à analyser. Ainsi, le CGMA cultiverait un profil de business analyst, de management consultant ou de project manager – « l’idéal du comptable capable d’évoluer sur le terrain, de développer une vision holistique du business, être polyvalent », selon M. Viger. Ce management accountant évalue des projets, propose des solutions à son CEO, « fait monter les projets de terre », comme l’explique M. Viger, et n’est plus vraiment aux prises avec les bilans, la taxe ou l’audit.
Le CGMA se veut ainsi une appellation garantissant « une perspective différente au métier de comptable », « une méthode intégrative » et une constante « mise à niveau des compétences : recherche, cours, nouvelles technologies ». Maurice compte une cinquantaine de membres CIMA.
Pour l’instant, seule la MEF Management School, à Ébène, est un « accredited CIMA tuition provider ». La BSP Business devrait, selon son directeur Sham Mathura, obtenir cette accréditation et proposer un programme CIMA. « En attendant, nous proposerons un crash course sur certains papiers pour ceux prenant part aux examens de mai », indique M. Mathura.