Des cadres de Larsen & Toubro dénoncent le manque de personnel de maintenance

  Les essais de circulation se déroulent sans l’utilisation des feux de signalisation

Les jours à venir s’annoncent particulièrement agités au 3e étage de la Sicom Tower d’Ébène qui abrite les bureaux de Metro Express Ltd (MEL). Si les grandes réunions se multiplient pour décider de la marche à suivre pour l’exploitation commerciale des Urbos 100 sur le trajet Rose-Hill/Port-Louis en décembre, comme annoncée par le CEO de MEL, Dass Mootanah, une question revient en boucle en marge du lancement: celle du certificat de sécurité, en guise d’assurance tous risques, qui n’a toujours pas été délivré par la firme italienne Italceetifer à MEL. “Nous mettons les bouchées doubles pour satisfaire les critères d’Italcertifer, même si ce certificat n’est pas légalement obligatoire pour l’exploitation commerciale”, nous confiait Dass Mootanah, hier matin. A contrario, les langues se délient du côté du contracteur Larsen & Toubro (L&T) avec des cadres de cette firme mettant en exergue le manque de personnel qualifié dans l’optique du bon déroulement des opérations.

Malgré les aléas météorologiques avec les fortes pluies au cours de la semaine écoulée, les ouvriers de L&T travaillent d’arrache-pied afin que le voyage gratuit d’un mois des passagers se matérialise avant la fin de l’année. Certes, si l’aménagement des 7 stations sur le tronçon de 13 km est presque terminé, des zones d’ombre entourant certains détails laissent poindre la perspective de controverses quant au déploiement des rames pour une exploitation commerciale, ce mois-ci. Le premier obstacle qui se dresse sur la route des autorités concerne le fameux sésame du certificat de sécurité international, la condition sine qua non pour que les trains puissent circuler. Or, à ce stade, la firme Italcertifer n’a toujours pas publié son rapport. Cette information nous a été confirmée par Dass Mootanah, lequel soutient, en revanche, avoir “déjà obtenu cinq niveaux d’assurances de la part des différents acteurs du projet, tels que la Police, le Fire & Rescue, la National Land Transport Authority, la Singapore Corporation Entreprise – qui vérifie le côté intégration – et Singapore Mass Rapid Transit.”

Diverses sources à L&T sont sorties de leur silence pour réfuter les arguments de Dass Mootanah concernant l’importance de tels certificats, comparativement à celui de la firme Italcertifer : “Ces cinq certificats sont anecdotiques et sans grande importance. Qui va prendre la responsabilité si jamais une rame heurte un automobiliste ou un piéton ou d’autres aléas qui peuvent survenir lors du voyage? Ce certificat délivré par la firme italienne a toute son importance, raison pour laquelle elle est obligatoire dans le monde entier”, souligne un cadre de L&T. Dass Mootanah persiste et signe: “On fait de notre mieux pour avoir ce certificat. Au cas contraire, je reste confiant quant au lancement officiel avant la fin de l’année”, sans s’aventurer toutefois à donner de date précise.  

Autre point soulevé par nos sources à L&T: les essais de circulation des quatre rames ayant successivement passé les essais dynamiques d’homologation: “Les Trial Runs, qui sont à vitesse maximale de 80 km/h, se déroulent sans l’utilisation des feux de signalisation présents à toutes les intersections et qui signalent le passage imminent d’une ou de plusieurs rames. Lorsqu’il clignote, l’arrêt est obligatoire, et le redémarrage ne peut s’entreprendre qu’une fois le feu éteint.” 

Ces tests auraient de toute évidence permis à tous les usagers empruntant ces carrefours, en l’occurrence les piétons, automobilistes et cyclistes, de se familiariser avec le tramway et d’adopter les bons réflexes de sécurité. “Selon une habitante de Barkly, ce sont des policiers postés aux intersections qui donnent le signal à coups de sifflet,  des fois!” L’ancien rond-point en face de l’église Sacré-Cœur à Beau-Bassin, transformé en une intersection qui donne accès à plusieurs voies, est un exemple criant. En outre, à Beau-Bassin, le long de la rue Vandermeersch, des travaux de réfection et d’élargissement des trottoirs et des drains sont toujours en cours.

La passerelle de la station de Victoria avant 2019 ?

Et quid de la formation du personnel? Là encore, nos interlocuteurs dénoncent le manque de techniciens de maintenance locaux capables de s’assurer que les trains soient en état de rouler tous les jours. C’est le rôle-clé du technicien de maintenance des trains. “Qui va  rénover les locomotives en circulation et intervenir aussi pour réaliser des prestations d’ingénierie? Personne, car la formation des aspirants s’est faite au petit bonheur durant deux semaines pour certains”, nous confie un de nos interlocuteurs qui reste persuadé que MEL ira, coûte que coûte, de l’avant avec son lancement et que la date du 16 décembre est donné comme la plus propice pour le top départ.

À noter que les travaux de construction de la passerelle qui reliera la station du Metro Express du côté du Caudan au Victoria Urban Terminal suit actuellement sont cours et sont entrepris par les ouvriers de L&T pour le compte de la Victoria Station Ltd. Cette passerelle ne sera pas seulement destinée aux passagers voyageant par les trams mais également à ceux voulant se rendre au Caudan ainsi que ceux qui sont au Caudan et souhaitent se diriger vers le Victoria Urban Terminal. Là où le bât blesse, c’est que ces travaux se déroulent juste à côté des rails. Si Dass Mootanah se dit confiant que les travaux seront terminés à temps avant le lancement, du côté de L&T, l’on fait ressortir qu’ “étant le sous-traitant, c’est un gros avantage car nous ferons le maximum pour qu’il y ait une osmose entre le passage des rames et les travaux de construction.”

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