Un jeu vif, joyeux, dynamique ou tendre, quand Olivier joue pour sa fille Eva : la session jazz de Magic Tree à l’IFM, samedi dernier, a été de très haute facture. Rythmique est l’adjectif qui décrit parfaitement la musique de Ker Ourio. Les critiques du monde du jazz le comparent (trop souvent) au baron belge Toots Thielemans (référence mondiale de l’harmonica), mais le Réunionnais a su créer son univers et imposer son style. Ker Ourio est ce genre de musicien capable de faire rimer précision et émotion, rythme et virtuosité.
On évitera les comparaisons avec Toots. La musique et les arrangements de Ker Ourio sont singuliers et originaux. Avec sa dose de “bourbonnaise”, il distille une sonorité très ouverte. L’univers dans lequel il nous entraîne nous fait un peu penser à Miles Davis. Surtout quand ce dernier jouait avec Wayne Shorter, Herbie Hancock ou encore sur l’opus Tutu, arrangé par le bassiste Marcus Miller. Comme Miles, Olivier Ker Ourio sait imposer son jeu et son instrument. Et lorsque l’harmoniciste prend la mesure, on oublie l’ensemble et on surfe avec lui sur la ligne mélodique et rythmique de son instrument… comme Miles.
À l’IFM, avec Jalill Aukbaurallee (percussions) et Philippe Thomas (trompette), qui se sont joints à l’arbre magique, le rythme était encore plus présent dans le jeu de Ker Ourio. Emmanuel Bex à l’orgue Hammond impressionne par son jeu dynamique, signant, sur certains titres, les lignes basses, en même temps qu’il pianote.
Pour boucler la boucle, Olivier Ker Ourio revient à ses origines bourbonnaises, pour conclure avec la valse réunionnaise la plus connue au monde, P’tite fleur fanée (Georges Fourcade). Il avait ouvert le concert avec une composition du poète et musicien réunionnais Alain Peters.