Les premières notes de « Noor-E-Khuda », extrait de la bande originale de « My name is Khan », éclairent la salle du J&J Auditorium de Phoenix  samedi soir telle une lumière céleste descendue sur son public conquis. Gorges nouées, coeurs serrés et palpitants, les fans d’Adnan Sami se repaissent à son timbre si particulier… Le héros de cette soirée unique semble communier elfes, anges ou djinns, distillant leur grâce à l’appel du chanteur habité. Tout le talent de l’artiste réside justement dans la puissance de cette voix à la chaleur et la mélancolie conjuguées. Son premier et unique concert le samedi 7 à Phoenix, à l’initiative d’Imageworks, restera scotché à jamais dans les coeurs et les tympans.
Artiste hors normes et apprécié davantage pour ses compositions en dehors du circuit bollywoodien bien qu’il compte un grand nombre de succès sur ce plan, Adnan Sami bénéficie de cette capacité rare de pouvoir par le biais de sa simple voix transcender l’espace, de faire tomber toutes les barrières, tangibles ou imaginaires.
L’artiste s’approprie cet espace. L’habite. Le transforme en instrument de ses joies et de ses peines, de sa passion qu’il communique à ceux et celles qui sont venus l’écouter. De l’éthéré Sun zara du film Lucky, Kabhi to nazar milao, où le temps est suspendu, les remarquables Meri yaad ou Teri baahon mein, l’indémodable Bheegi bheegi raton mein, qui donne des frissons et sans oublier certainement cet hymne à l’amour de tous les romantiques qu’est Tera chehra, en passant par ses tubes tels Mehbooba mehbooba tiré de la bande originale d’Ajnabee ou Salaam-E-Ishq du film éponyme, Adnan Sami a embrasé les coeurs qui ne demandaient qu’à l’être samedi au J&J Auditorium de Phoenix.
Au rythme de ses morceaux, le chanteur – connu aussi comme un des pianistes virtuoses du continent asiatique – a presque essoufflé son assistance, l’amenant quasiment à le supplier de reprendre son classique Lift Kara De, chanson qui l’a propulsé dans la cour des grands et unique bijou qui manquait alors à l’écrin. Il était presque minuit et le show a commencé vers 21 heures… Et c’est avec une version endiablée de Lift kara de, devant une salle debout l’applaudissant à tout rompre et reprenant avec lui chaque parole, que l’artiste boucle la boucle.
Rarement a-t-on vu d’artiste de Bollywood ou d’ailleurs enflammer une salle comble, et ce dès les premières notes de son concert. Adnan Sami, lui, l’a fait ! Dès qu’il entame Mehbooba, Mehbooba, ouvrant le bal, la salle reprend avec lui en choeur le refrain. Le concert a déjà atteint son apogée ! Cela ne peut qu’augurer de très bons moments pour un concert marathon, annoncé sur plus de deux heures ! Et pour cause…
Le dialogue entre l’artiste et ses fans s’installe sans autres fioritures. Et Adnan Sami n’est pas de ceux qui sont avares de propos, blagues, réflexions philosophiques ou spirituelles. Le chanteur n’hésite pas non plus à pratiquer même l’autodérision en évoquant un sujet certes délicat : le surpoids dont il était affligé à une certaine époque et qui menaçait sa vie. Sami tourne cela en vécu et tantôt blagueur, tantôt sérieux, explique surtout qu’il a surmonté ces épreuves « grâce à vous, l’amour que vous tous me donnez… »
Le ton est donné. Le temps file à toute allure… Mais ce qui persiste, surtout, c’est l’humilité de l’homme. Star de carrure internationale, reconnu et couronné de succès, Adnan Sami ne s’embarrasse d’aucun fard. N’use d’aucun artifice pour assumer son statut de star et ériger des obstacles entre lui et son public. Adnan Sami est au contraire de ceux qui se met à nu.
Et au même titre, l’artiste témoigne de l’immense complicité existant entre lui et ses musiciens. Qui, de surcroît, se sont révélés d’excellents professionnels. Chacun à leurs instruments respectifs. Si Adnan Sami mesure chaque note qu’égrène ses musiciens, car il semble bien qu’il écrit aussi sa musique, l’artiste en total contrôle de la scène occupe aussi tout l’espace. Il est en effet rare de voir un artiste masculin – surtout de la scène indienne – être aussi charismatique qu’Adnan Sami. L’homme l’est de par sa simplicité et sa voix d’or comme la sienne.
Faire se produire une star internationale de la calibre d’Adnan Sami à Maurice était un défi. Les organisateurs, en l’occurrence Imageworks Ltd, ont tenu la gageure. L’entreprise n’était ni donnée, ni acquise. Pourtant, Sly Bhunjun et Ranjit Nowbotsing ont tenu bon. Et cette persévérance a porté ses fruits !
* (Noor-E-Adnan peut être traduit par « La lumière est venue d’Adnan » )