Qui a dit que le public mauricien ne savait pas apprécier le séga ? L’ambiance samedi soir à l’auditorium J & J à Phoenix dans le cadre de la célébration des quinze ans de carrière d’Alain Ramanisum démontre que tel n’est pas le cas. Pour l’artiste, le séga est immortel.
Un concert chaud était prévu samedi à Phoenix non seulement parce que la représentation du claviériste de Cassiya s’est jouée à guichet fermé mais également parce qu’il est connu pour être un artiste qui sait mettre l’ambiance. Pendant au moins trois heures, Alain Ramanisum, très populaire à l’île soeur, a eu la preuve samedi qu’il pouvait également bénéficier du soutien du public mauricien. Connus pour être timides, les Mauriciens présents samedi n’ont pas hésité à se prêter au jeu de l’artiste, malgré certaines contraintes pour les retardataires lorsqu’il s’agissait de se trouver une place. À ses côtés sur scène pour interpréter ses titres entraînants, son épouse Laura Beg-Ramanisum et les musiciens du groupe Ravanna. Dans le public, des Mauriciens et Réunionnais de tous les âges. Sur les deux écrans géants mis en place des deux côtés de la scène, des vidéos d’artistes témoignant du talent et de la détermination d’Alain Ramanisum, notamment Serge Lebrasse, Bruno Raya, Blakkayo, Laura Beg-Ramanisum, Nitin Chinien, Sandra Mayotte, Benjam et Désiré François. Si pour certains, Alain Ramanisum regroupe tous les atouts d’un « bon musicien », il est pour d’autres, à l’instar de Désiré François, voix principale de Cassiya, « la fierté du séga mauricien ». La prestation scénique du “chouchou” des Réunionnais se résume en un hommage aux artistes qui l’ont inspiré, précisément Kaya, Gérard Bacorilal, Ti-Frer, ceux qui l’ont accompagné durant son parcours artistique et une présentation de ceux qui animent son quotidien : sa mère à travers le titre « Fam », sa fille « Mélodie », titre qui porte son nom et son frère « Prisonnie ». Les titres joués étaient également composés de messages que souhaitait faire passer l’artiste sur le communalisme, l’éducation, l’espoir d’un monde meilleur. Pour lui, « ena enn sime », il suffit tout simplement de persévérer malgré « ki nou tou prisonnie enn zafer dan nou lavi ». Les danseuses, elles, ont su illustrer ses divers messages, avec des gestes reflétant les différentes cultures de l’île.
Le froid hivernal de Phoenix n’a pas atteint la salle, où une chaude ambiance a régné du début à la fin. Avec des portables allumés, le public et les artistes invités ont souhaité à Alain Ramanisum de fêter dans le futur ses 30 ans de carrière dans le séga.