La School of Chinese Music (SCM) présente un programme des plus variés et passionnants pour son grand concert annuel de samedi, au cours duquel Danny Onsiong passera parfois la baguette à Gérard Télot, en alternant d’un morceau à l’autre instruments asiatiques et occidentaux, et comme la musique est par essence affaire de rencontres, en mariant très souvent les instruments et musiciens de traditions différentes. L’école de musique chinoise et l’ensemble Alizée développent une collaboration depuis environ un an, ce qui les a déjà amené à jouer ensemble au Audi Zentrum ou lors de l’inauguration de la Maison de la culture chinoise de Baie-du-Tombeau. En toute logique, l’ensemble Alizée est cette année l’invité spécial du concert, prenant la relève de l’orchestre de Cambridge, qui était venu en 2013 sous l’impulsion de Danny Onsiong.
Samedi, ils présenteront un programme extrêmement varié auquel participeront les meilleurs instrumentistes de l’école de musique chinoise, environ 23 musiciens qui maîtrisent suffisamment bien les nombreux instruments à corde, flûtes et petites percussions pour interpréter des morceaux, des plus classiques aux plus récents, en public. Gérard Télot viendra avec 12 musiciens de son ensemble à corde, ce qui portera l’ensemble des musiciens à 35 pour les morceaux les plus complets.
Dans ce programme dédié à la musique chinoise, la ballade traditionnelle anglaise Scarborough Fair sera jouée dans une version totalement inédite avec des instruments chinois. Remis au goût du jour par Mariane Faithfull et Simon & Garfunkel il y a quelques décennies, ce morceau sera présenté par les deux ensembles conjoints au son du dizi (flûte en bambou), de divers instruments chinois à corde pincée ou frappée, du ruan (sorte de luth chinois) et de l’instrument roi de l’accompagnement qu’est le yangqin, une sorte de dulcimer asiatique…
Fleur de jasmin
Les deux ensembles associeront également leurs talents pour le final avec Chrysanthemum terrace, du jeune chanteur compositeur taïwanais Jay Chou, un morceau où cette fleur aux multiples pétales, très présente dans la culture chinoise, symbolise ici l’amour. Ils ont également préparé ensemble un morceau extrait du célèbre film Kung Fu Panda, Oogway ascends, rien que pour la pureté et la simplicité de cette mélodie imprégnée de tristesse qui accompagne le maître Oogway s’élevant vers les cieux. Mathieu Moutou et Kim Ng ont assuré les arrangements de cette interprétation tandis que Jean-René Bastien et Joanna Gentil se sont occupés des autres morceaux joués avec les deux ensembles complets.
Ce concert offrira donc quelques expériences tout à fait inédites, qui témoignent de la volonté de renouveau des musiciens l’école, qui n’oublieront pas par ailleurs leurs classiques avec plusieurs morceaux composés pour erhu, cet instrument à corde posé au sol qui se joue avec un archet et une petite caisse de résonance : Blooming flowers and full moon de Huang Yijun, si souvent joué dans les mariages, Galloping on the steppe de Li Xiuqi et Wang Guotong, un solo de Erhu composé dans les années 70’ en s’inspirant de la vie des bergers des hauts plateaux de Mongolie, ou encore Colourful clouds chasing Moon, qui a été réinterprété de multiple fois depuis sa composition en 1935 par Ren Guang. La mélodie sera jouée cette fois à la flûte (le dizi) et au erhu également. Toujours au chapitre de la musique du XXe siècle, les mélomanes pourront écouter aussi La danse du peuple Yao, Evening Primrose qui a été chantée par Li Xiangian en 1940 et popularisé par la chanteuse taïwanaise Teresa Teng, Travelling in Suzhu ou Butterfly lovers… Parmi les grands morceaux qui ont traversé les siècles sans pâlir, Jasmine flower vient du XVIIIe siècle impérial et de la dynastie Qing. Il a été joué en 2008 aux Jeux Olympique de Pékin ainsi qu’à l’exposition universelle de Shanghai en 2010. Entrée libre sans réservation.