Une chose est sûre : en ce mercredi pluvieux, le public de jazz à Maurice aurait pu rester chez lui. Il a eu raison de se déplacer pour entendre un répertoire original et complexe. Le pianiste Dominique Fillon et ses musiciens ont offert une musique kaléidoscopique : rythmes du monde entier, sons, voix. Cette ouverture à différents univers définit les contours de la musique de Dominnique Fillon. Si sa démarche se rattache au jazz, ce sont les images et les paysages d’ailleurs qui inspirent le choix de ses thèmes. Invité par l’Institut français de Maurice, il se met au piano et joue avec ses musiciens (Kevin Reveyrand (bassiste), Francis Arnaud (batteur) Olivier Roman Garcia (guitariste) des compos et des standards sur une petite scène ouverte et improvisée. Totalement en phase avec la section rythmique, le style Fillon est à la mesure de ses accompagnateurs. Il soigne la mélodie pour autant de thématiques : un premier morceau qui se rattache au Pays Basque, un passage par les Amériques (Lucky, Sur la terre étrangère, etc), des standards avec la prestation d’une chanteuse locale de talent, Marie Luce Faron, servent de transition entre les mondes visités. Un voyage délicat auquel Dominique Fillon, pianiste lyrique, ajoute sa touche personnelle, joue des nuances, des couleurs et des contrastes. Dominique a une bonne assise et un phrasé intéressant. Son interprétation swinguante ne manque pas de puissance expressive. Il a su créer en ce mercredi pluvieux une ample dynamique sonore qui a séduit le public. Sa musique se fait sobre quand il concerte avec ses musiciens et quand il évoque, invite, renvoie ou rend hommage à Michel Petrucciani. La complicité sur le terrain percussif qui unit piano, batterie, basse se poursuit même lorsque se glisse la rumeur de son chant. D. Fillon promène son imaginaire au gré ses ses voyages et rencontres, en accordant tempos et cultures. Cet ensemble de traits viennent s’ajouter au genre qui l’a inspiré produisant un jazz vif et libre.
Le public du jazz à Maurice a de l’oreille d’où cette grande familiarité aux accents d’une délicieuse mélodie et cet accueil réservé à Dominique Fillon et son trio.