Kumar Sanu, le “King of Romantic Songs”, est de retour, 20 ans après un concert inoubliable à Candos. L’interprète des tubes indétrônables comme “Kuch na kaho” (1942, A love story) ou “Aankhon ki ghustakhiyaan” (Hum dil de chuke sanam) s’est dit « très excité d’être de retour ici, dans le “Little Bharat” (petite Inde) libre de toutes pollutions ! » Sollicité pour un commentaire sur l’actuelle scène musicale indienne, Kumar Sanu a été très vert et critique envers le fait que « les chansons actuelles ne tournent qu’autour de la vulgarité, la violence et le sexe ! S’il n’y a pas ces ingrédients, il n’y a pas de chansons… »
Kumar Sanu a délibérément pris ses distances de cette industrie musicale « trop fortement teintée par la culture occidentale et qui a perdu toute sa sincérité et son essence. Actuellement, toutes les chansons ressassent la même rengaine : sexe, violence, vulgarité ! » Kumar Sanu avoue, en effet, préférer « pick and choose the songs that have character, a message and a melody. I have been proposed “cheap songs”, but I refused ! »
Son promoteur, Abhinav Uppadhyay, abonde dans le même sens : « De tous temps, la chanson indienne a eu une couleur, une identité. Des hommes comme Mukesh, Kishore Kumar, Mohamad Rafi ou Talat Mahmood sont des références. Mais parmi les nouvelles voix, aucune ne se distingue réellement… » Kumar Sanu confirme : « C’est la même chose pour les paroliers : aujourd’hui, tout le monde écrit la même chose et gravite autour des mêmes thèmes, sexe, violence et vulgarité ! C’est regrettable. »
Néanmoins, ce chanteur adulé durant les années 90 et détenteur de deux records mondiaux (il a enregistré 28 chansons dans une même journée et a été cinq années consécutives lauréat du FilmFare Award for Best Playback Singer) est convaincu que « la tendance va certainement changer. Les gens vont revenir vers les chansons à thème et avec des messages. » Pour étayer ses propos, il rappelle que « dans les années 90, avant le tabac des chansons d’Aashiqui, la scène musicale indienne ne jurait que par les chansons disco ou de break dance. C’était le craze de l’époque avec des chansons comme I am a disco dancer, entre autres. Puis que s’est-il passé ? Aashiqui a tout balayé sur son passage ! »
Ce qui le conforte dans l’opinion que « les temps et les modes changent. Idem pour les goûts des gens. Si on ne leur propose qu’une seule et même chanson, répétitivement, ils vont s’en lasser ! C’est alors qu’ils reviennent vers des mélodies romantiques… » A cet effet, son nouvel album, Hum aur Tum, sort incessamment dans les bacs en Inde et en Angleterre.
« C’est un album hommage à Kishore Kumar », explique-t-il. « Il comprend 12 morceaux et je suis accompagné d’une chanteuse de la Malaisie dessus. »
Kumar Sanu est arrivé hier, vendredi, accompagné d’une délégation de 14 personnes, comprenant musiciens et techniciens. Il sera sur la scène du J&J Auditorium de Phoenix, ce soir, à partir de 20 h.
« Mais la soirée démarre à 19 h », rappelle l’organisateur de la venue de Kumar Sanu à Maurice, Chailess Sewoorutthun. « Nous aurons une première partie mauricienne et ensuite, à 20 h, Kumar Sanu démarrera son concert qui durera trois heures. Il faut aussi inclure un entracte. » M. Seewoorutthun a rappelé qu’il était « très fier d’avoir pu organiser ce concert et que M. Sanu ait accepté mon invitation. J’étais dans la foule au stade de Candos, en 1994, et j’avais eu ce rêve qu’un jour, je le ferai revenir à Maurice pour un concert… » Un rêve qui se concrétise ce soir à Phoenix.