Un an après son triomphe au centre Swami Vivekananda à Pailles, le crooner indien Arijit Singh  a encore brillé hier soir au même endroit devant une salle pleine à craquer, qui lui a bien rendu son énergie dans une ambiance surchauffée. Notre baladin aux talents fous, accompagné d’une guitare électronique, exhale à la fois une émouvante pureté et une grâce saisissante. Il a mis tellement de coeur et d’énergie qu’il a, dès les premières notes de Tum Hi Ho, la chanson phare de sa carrière, imposé son jeu ondoyant. Libre de ses mouvements comme dans le choix de ses morceaux, il fallait prendre le tempo pour savourer ses standards et les succès du moment. C’est la même histoire d’amour qui lie une idole charismatique venue d’Inde à un public mauricien très romantique qui n’a cessé de l’acclamer. Un an après, il a gagné en maturité et sa voix éraillée de crooner n’a rien perdu de son magnétisme. Chanteur au coeur ensoleillé, et dont la sincérité dans la voix a donné à sa musique une grande limpidité, il suit avec un enchaînement où une chanson sert de tremplin à la suivante. Seul face à plus de 3 500 spectateurs, il mélange tous les registres (rock, techno…). Sur le tempo fracassant de Har Kissi Ko (Boss) et Kabhi To Badal Barse (Jackpot), les influences se frictionnent autant qu’elles s’harmonisent. Étourdi par son intensité, ses tempos majestueux et ses respirations tendues, comme pour les chansons titres de Khamoshiyan et Mast Magan de 2 States, il a proposé au public un voyage haletant dont personne ne sort indemne. Lorsqu’il a surgi, à 20h30, toutes griffes dehors, avec sa chanson fétiche, Tum Hi Ho de Aashiqui 2, le public l’a accompagné et l’a acclamé. Avant qu’il ne joue aussi la carte de l’émotion avec les reprises des chansons d’Atif Aslam, de Kailash Kher et de Mohammad Rafi. À ses côtés officie la claviériste Natasha, une musicienne surdouée et des guitaristes qui se livrent à un corps à corps avec les instruments. Le spectacle mêle ballades romantiques, effluves électroniques et douceur. Véritable bête de scène, Arijit Singh se déchaîne avec Humdard, Dil Hai Yeh Mera et le public applaudi et siffle de toutes ses forces. Il fait ensuite une incursion dans le coeur des amoureux avec Teri Deewani de Kailash Kher et Be Inteha et Woh Lamhe d’Atif Aslam.
Ce n’est pas par hasard qu’il est devenu en l’espace de quelques années l’idole des teenagers et la coqueluche des hit-parades. Avec Tu Hi Mujhko Bata De de Aashiqui 2, Aaj Phir Tum Pe de Hate story 2, Main Rang Sarbaton Ka de Phata Poster Nikla Hero et la reprise de Pehla Nasha de Jo Jeeta Wohi Sikandar, il suscite l’admiration des mélomanes. Au début de sa chanson, Teri Bin Nehi Lagta Dil Mera Dolna à 22h, un fan bondit sur scène, saisi le micro et essaie d’accompagner le chanteur, mais il est rapidement évacué de la scène. Avec les notes finales de Kabira, c’était un mélange de grâce, de virtuosité sophistiquée et d’énergie à l’état brut. Supriya Pathak, brillant de sensualité féline et d’élégance, a interprété quelques duos avec Arijit Singh et également Main Pareshan Pareshan de Ishaq Zaade et Jiya Jiya Re de Jab Tak Hai Jaan.
Le concert, organisé par Spelmedia et Super Unic Events, a tenu ses promesses. Certains manquements sont toutefois à déplorer : le concert a débuté avec 45 minutes de retard, certains spectateurs, munis des billets numérotés, n’ont pu trouver de places assises, et le son était défectueux lors de certains passages, couvrant la voix du chanteur.