Le guitariste et chanteur Sébastien Margéot a tout pour réussir dans le monde du jazz en France. Mais après sept ans d’études et de pratiques musicales là-bas, l’appel de la terre natale, les couleurs et les rythmes de Maurice ont été plus forts que tout…« Les concerts de Chambly » proposent le samedi 25 février une soirée spéciale autour de ce talent prometteur à Port Chambly, Baie-du-Tombeau, aux côtés d’Éric Triton, sur un accompagnement de l’Orchestre du Village, dans lequel Dean Nookadu, Gérard Ravat, Philippe Thomas, Denis Serret et Nelesh Bucktowar officient.
Sébastien Margéot nous avait donné un petit avant-goût de son jeu à la guitare jazz lors de l’hommage à Ernest Wiehe en juillet 2010 sous la férule d’Olivier Ker Ourio. Le jeune musicien venait d’être brillamment couronné par le diplôme de fin d’étude du Centre des musiques Didier Lockwood. À sa sortie du Conservatoire national de Toulouse, diplôme de guitare classique en poche, Sébastien Margéot a en effet choisi le jazz pour vivre la musique comme il l’entend. Mais il manquait encore une couleur, un élan du coeur, pour lui permettre de donner le meilleur de lui-même à l’art qu’il a choisi…
Paradoxalement, son amour du séga n’a cessé de se développer avec l’éloignement de Maurice. Il retrouvait aussi chez les disquaires en France des albums de séga traditionnel qui ne sont pas forcément diffusés au pays natal. Cette immersion nostalgique aux sources de la « musique natale » l’a poussé à revenir au pays pour travailler sur l’association du séga traditionnel mauricien et de la grande famille du jazz dont il fait désormais partie.
En mai 2011, il plie bagage et revient ici, non sans avoir côtoyé quelques grands noms du jazz actuel, tels que Benoît Sourisse, André Charlier ou Pierre Perchaud. Il s’était aussi engagé dans le groupe du contrebassiste Marc Michel Le Bévillon… Olivier Ker Ourio, qui lui a enseigné l’harmonie à l’école Lockwood, disait ceci de son jeu en 2010 : « On est tous attirés par une certaine virtuosité, surtout en tant que jeune musicien pour prouver sa vélocité, réaliser une performance, mais la musique ne se trouve pas là… Ce n’en est qu’une petite partie. Sébastien a cette maturité de savoir prendre le temps de jouer une phrase, prendre le temps de la respiration, de poser de belles notes à un bel endroit. Ça c’est un art et il l’a déjà compris alors qu’il est si jeune. C’est remarquable ! »
Depuis qu’il est rentré à Maurice, ce jeune chanteur guitariste travaille la composition en coulisse et caresse le projet de créer un groupe. Il joue au Banana le mardi, à Grand-Baie, à l’hôtel Tamarin le jeudi, au sein du Ernest Wiehe Tribute band, et le samedi avec le Dean Nookadu quintet à Port Chambly. Mais, ce samedi 25 février représentera « sa » soirée avec le soutien de l’autre grand musicien qui a su choisir Maurice pour faire battre son swing, Éric Triton. Leurs voix complémentaires, leur jeu de guitare limpide et inspiré par des influences différentes, leur amour de la rencontre et du métissage sonore laissent espérer une grande soirée, dont le programme s’articulera autour des affinités du moment de nos deux solistes.
Les concerts de Chambly ont lieu au restaurant du village, et sont assortis d’un repas.