Un public totalement conquis a vibré hier soir au centre Swami-Vivekananda à Pailles. Généreux, doté d’une voix puissante et d’un talent fou, Sonu Nigam a surpris plus d’un avec son humour corrosif et sa simplicité déconcertante. Plus de trois heures durant, il a déployé une formidable énergie et n’a laissé paraître aucun moment d’essoufflement. Heureux de retrouver ses fans, Sonu Nigam danse, chante et bondit sur scène, en communion avec un public avec qui il avait tissé des liens lors de son premier concert chez nous l’année dernière.
Dès les premières notes de Shukran Allah de Kurbaan égrenées sur un fond planant de synthés, la salle explose. Les batteries s’échauffent, les guitares s’électrisent, les claviers s’affolent et le public, bras tendus, tape des mains au rythme de la chanson titre De Rang de Basanti et de Mere Haath Mein Tera Haath Ho de Fanaa.
Élégant en costume blanc et t-shirt rouge, Sonu Nigam a provoqué une volupté sonore digne d’une rock star, avec des textes bien ciselés, jouant sur le lissage et le fin polissage du son, les distorsions et les climats extrêmes. Le chanteur a laissé carte blanche à son chef d’orchestre, Yogesh, qui a su apporter un son vraiment singulier, à la fois monolithique et ouvert, même si par moments les aigus ont nécessité un ajustage de ses oreillettes.
Après les ballades romantiques, la voix inouïe du chanteur semble charrier, avec son élan propre, les merveilles de Bollywood. Le public n’a pu résister à l’appel de Hum Hai Rahi Pyar Ke contenant quelques extraits classiques de Muhammad Rafi et de Kishore Kumare, dont Aja Aja Mein Houn Pyar Tera, de Teesri Manzil et Mere Sapnon Ki Rani, de Aradhana. Des evergreens et Mahi Ve (Kal Ho Na Ho) sont interprétés en duo avec la Canadienne d’origine indienne Jonita Gandhi.
Sonu Nigam a illuminé la salle avec des nappes hypnotiques et des trouvailles sonores toujours aussi géniales avec Zoobi, de 3 Idiots et Just Chill (Maine Pyar Kyon Kiya). À la demande du public, il a interprété Tujhe Lage Na Najariya et Pathar Ke Sanam de Mohammad Rafi. Avec des projections sur écran géant et utilisant les perspectives du traitement numérique, le concert a pris la forme d’une formidable odyssée.
L’on a ressenti une certaine émotion avec les plages planantes du lancement de la campagne initiée par la fondation Breast Cancer Care et la chanson craze de 2013, Abhi Mujse Kahi du film Agneepath, dont il a repris quelques extraits avec son fils Nevaan, âgé de 7 ans. Le public a aussi repris en choeur Aaj Ki Raat de Don, et Suraj Huwa Madham, non sans avoir écrasé quelques larmes sur Ke Ghar Ab Aaoge de Border, avant de clôturer le concert avec l’incontournable Kal Ho Na Ho.
Notons que le concert a débuté avec une heure de retard en raison d’un embouteillage monstre sur la route menant à Pailles. L’ancien accès étant fermé en raison des travaux, les automobilistes ont dû faire demi-tour pour emprunter le nouveau tronçon menant vers le centre Swami-Vivekananda. Organisé par Spelmedia et dirigé par Shailen Sookha, le concert a tenu toutes ses promesses. Sonu Nigam a promis de revenir avec son orchestre symphonique, Close To My Heart, dont on avait annoncé l’arrivée, mais qui a annulé à la dernière minute.