Qu’est-ce que le Tablatronic ? Quelle est sa spécificité ? L’un des spécialistes du genre, le tabliste Subhash Dhunoochand, revient sur la place privilégiée du tabla dans l’Electro World après son concert au Sapin Café Culture vendredi dernier.
Après trois ans d’absence sur la scène mauricienne (il se produit davantage à l’étranger et à La Réunion, où il vit), Subhash voulait vivre un moment de partage avec ses compatriotes mauriciens. C’est fait. Il s’est ouvert au genre musical qu’il aime en évoluant sur scène avec Damien Elisa, Bernard Barbe à la guitare, Rammah Kisnah au chant classique, entre autres. La surprise, c’est cette identité très particulière qui s’est dégagée du concert. Une unité sur scène avec le répertoire de la musique electro et, en deuxième partie, du jazz, du séga, de la musique indienne, des compositions de Subhash. « C’est très électro-techno sur le plan rythmique marié à la musique indienne… », nous dit l’artiste. Ce son est décrit, sans être réducteur, comme l’Electro World.
Quand on demande à Subhash quel rôle joue le tabla aujourd’hui dans les productions rythmées par les percussions, il déclare que celui-ci fait partie des percussions de la World Music et qu’il est utilisé dans tous les styles de musique : jazz, fusion, concerts philharmoniques classiques. Le tabla a un langage propre à lui. Il faut au moins un apprentissage de dix ans pour acquérir la base rythmique. Subhash a passé vingt ans en Inde pour étudier auprès de son maître, le pandit Sudhir Kumar Saxena. Instrument rythmique et mélodique, le tabla est accordé en fonctions des morceaux interprétés. Ce sont les seules percussions qui sont accordées constamment. Le petit tambour produit un son aigu. L’autre un son grave, au point où on peut l’utiliser comme une basse. Les morceaux changent en fonction du public, nous dit Subhash. Il donne une phrase rythmique et le public improvise avec des battements de mains. Par ailleurs, Subhash aime bien faire ressortir qu’il s’imprègne du moindre petit détail pour le mettre ensuite en harmonie. Il a déjà enregistré le son du vent ou le sifflement d’un train pour l’incorporer dans un morceau (Mumbai Local Train). Côté projets, le Tablatronic Moksha Project Live. Des musiques et images apaisantes pour une transe méditative. Un genre de ciné-concert que les Mauriciens pourront entendre en juillet 2013.